En cet auguste jour pour l'âne, emblème honorable du parti démocrate de Barack Obama, on en oublierait presque que les collègues de ce mammifère, bien éloignés des phares médiatiques, se sont battus corps et âmes (en fonction des écoles) dans la grisaille et la boue des champs de bataille.

Le mensuel londonien Military History revient sur l'histoire de ces héros parfois bien oubliés. Car soulignons que si l'on connait bien le sanglier, fier mascotte de nos Chasseurs ardennais, éléphants, singes, pigeons, rhinocéros, cochons ou autres chevaux bien sûr, ont participé au péril de leur vie aux plus grandes batailles de l'histoire.

Il en va ainsi des singes, utilisés au Xe siècle en Chine comme projectiles incendiaires, ou aux dindes chargées de vivre que l'on larguait en guise de parachutes dans le ciel du monastère de Santa Maria de la Cabeza pendant la guerre d'Espagne.

Plus connu et plus habitué des conflits, l'éléphant est lui un vrai baroudeur des bataillons. Des chants indiens du IIe siècle le mentionnent déjà comme moyen de transport. Au IVe siècle, se sont les perses qui s'en servirent pour effrayer les armées d'Alexandre le Grand. Le Carthaginois Hannibal, bien sûr, vint effrayer les Romains armés de ces pachydermes. Cependant, comme le rappelle le magazine, si pour ceux qui n'y étaient pas habitué la vue d'un tel géant fonçant vers eux à plus de 30 km/h pouvait effrayer, les armées développèrent assez vite des stratégies pour les freiner et les immobiliser.

Pline l'Ancien lui même raconte qu'en 275 avant J-C déjà, les Romains enduisaient des cochons de résine ou de goudron, les enflammaient et les envoyaient à l'encontre des éléphants. Ces derniers ne résistaient pas aux cris des porcs qui les effrayaient. Bien plus tard, au XVIe siècle, une gravure du peintre Alfred Dürer dépeint des Portugais qui se servaient de rhinocéros armés et blindés pour se défendre des éléphants. Ils auraient imité d'ailleurs des peuples de l'Assam au nord-est de l'Inde, qui se permettaient d'enivrer et de piquer leurs montures avant de les envoyer à l'encontre des troupes ennemies.

Enfin, à tout seigneur tout honneur, profitons de ces quelques lignes pour rendre hommage au chien, notre plus fidèle compagnon qui fut de toutes les guerres quel que soit le continent. Dressés pour tuer, rangés ou non en formation, affublés parfois de colliers hérissés de pointes ou même de cottes de maille, les chiens ont servi autant les Grecs, les Perses, les Romains, les Sarmates, que les Alains ou les Russes par delà les méandres de l'histoire. Ils ont en effet conquis l'Amérique en éventrant cruellement les ennemis des conquistadors, alors que les lévriers ont sauvé l'Irlande se lançant et déstabilisant les chevaux ennemis. Mais de pratiques bien lugubres nous proviennent également de la deuxième guerre mondiale. Les Russes par exemple s'étaient décidés à dresser les chiens pour qu'ils se jettent, armés d'explosifs sous les chars allemands. Nos braves mammifères ne rendirent pas beaucoup de services à leurs fanions, effrayés qu'ils étaient par le bruit des blindés ennemis, et se réfugiant bien plus volontiers à l'ombre des chars russes dont ils reconnaissaient l'odeur.

Chargés de messages par delà les cieux de la guerre de quatorze, nous n'oublierons pas non plus le courage des pigeons, ni la sagesse des oies, blanche chorale qui selon la légende réveillèrent de leurs cris les romains attaqués jusqu'au pied du Capitole.

Drones de la plus antique des histoires, compagnons fidèles des armées en déroute, les animaux furent de tous nos combats, que serions nous sans eux ?