Lisez à deux voix.

Il s’agit là d’un excellent exercice qui peut être réalisé aussi bien avec un parent, qu’un frère, une sœur ou un enseignant. Entamez la lecture avec l’enfant, à haute voix et en simultané, en ajustant votre vitesse de lecture sur la sienne. “En cas d’erreur, ne vous précipitez pas pour le corriger, mais encouragez-le à relire le passage en question,” recommande Marie Coulon, elle-même dyslexique et professeure spécialisée. Pratiquez cet exercice si possible quotidiennement. Au fur et à mesure des séances, l’enfant abordera la lecture à haute voix avec davantage de confiance. “Vous pourrez alors progressivement abaisser votre voix et le laisser conduire la lecture.” Afin d’associer la lecture à la compréhension du texte, terminez ces séances par une discussion sur le passage lu et interrogez l’enfant sur ce qu’il en a retenu. Si nécessaire, tournez-vous vers des livres “adaptés”, c’est-à-dire bénéficiant d’une présentation facilitant la lecture : taille et police de caractères, interlignage…

Incitez-le à écrire.

Aux problèmes liés à l’apprentissage de la lecture s’ajoutent très souvent des troubles de l’acquisition et de la maîtrise de l’orthographe. “Certains enfants vont lire beaucoup mieux qu’ils n’écrivent, quand d’autres écriront mieux qu’ils ne liront… Mais quel que soit le cas de figure, on sait que l’apprentissage de l’écriture aidera à la lecture, et vice versa. Il demeure ainsi essentiel de rééduquer ensemble la lecture et l’écriture,” souligne Catherine Billard, neuropédiatre. En outre, on veillera à ne pas pénaliser systématiquement l’orthographe chez ceux souffrant de dysorthographie, en notant par exemple le nombre de mots correctement orthographiés en dictée, plutôt que l’inverse.

Misez sur les cartes mentales.

Pour contourner les difficultés de lecture et d’écriture, misez sur le “mind mapping”, comprenez la cartographie mentale. Grammaire, orthographe, histoire… cette technique d’apprentissage consiste à résumer une leçon sous forme schématique mettant en exergue les informations principales à l’aide de mots-clés, couleurs, symboles, dessins… Elle peut être réalisée sur papier ou au moyen d’un logiciel spécialisé. “Les cartes mentales permettent aux enfants dyslexiques de hiérarchiser et structurer les informations et ainsi de mieux les mémoriser”, précise Marie Coulon. Au début, guidez l’enfant dans la réalisation de ses cartes mentales, mais l’objectif, à terme, demeure qu’il puisse les faire par lui-même. L’ouvrage de Tony Buzan, Une tête bien faite, exploitez vos ressources intellectuelles (éd. d’Organisation) vous y aidera.

Encouragez-le !

La dyslexie peut générer une perte de confiance qui freine les apprentissages. “Le plus difficile, ce sont les petites classes. Il est ainsi essentiel de donner à l’enfant une image positive de lui-même. Cela passe par un système de notation adapté qui tient compte de ses progrès et que l’enseignant valorisera devant la classe ; de même que les parents devant ses éventuels frères et sœurs”, conseille Marie Coulon.

Utilisez les logiciels dédiés.

Des logiciels de synthèse et de dictée vocale (Dys-vocal, Dragon Naturally Speaking, Voice Dream Reader…) ainsi que des correcteurs orthographiques spécifiques (Antidote, Adele-Team…) permettent de pallier les problèmes de lecture et d’écriture. “Ces outils nécessitent un apprentissage et un accompagnement afin que l’enfant puisse acquérir une autonomie d’usage”, souligne Marie Coulon. Des ergothérapeutes peuvent se déplacer pour aider l’enfant, sa famille et l’équipe enseignante dans une telle adaptation.