En ce début de vacances, Emanuela Garau relate comment elle a réussi à affronter et dépasser sa peur de prendre l'avion. Psychologue et nutrithérapeute, elle adore partager sur son blog ses recettes et son approche généreuse de la nourriture et de la vie.


Vous savez, les gens qui disent "Au moment où je monte dans l’avion, pour moi je suis en vacances." ? Et bien, moi ça a plutôt toujours été : « Au moment où je mets les pieds par terre, LÀ je suis en vacances ». Disons que les moments de peur, crispation, tension et palpitations que j’ai déjà vécus dans l’avion ne correspondent pas à mon idéal de vacances. Du moins, c’était le cas jusqu’à il y a quelques temps. Comme je vous expliquais dans mon article précédent, « Est-ce que les psys sont parfaits ? », depuis que j’ai dépassé ma peur de l’avion, ça va beaucoup mieux.

Moyen facile et rapide pour rejoindre ma famille qui habite à l’étranger et découvrir de nouvelles destinations aux cultures mystérieuses, aux paysages époustouflants et aux saveurs exotiques, l’avion était aussi une de mes plus grosses peurs. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir comment j’ai su la dépasser.

À tous ceux qui pensent que pour diminuer la peur de cet engin, il faut le prendre plus souvent, un point c’est tout…euh…ça ne marche pas… en tout cas pour moi. Bien évidemment, je ne suis pas en train de dire qu’il faut éviter de le prendre, ce qui, clairement, n’aide pas non plus à dépasser cette peur. Mais, l’exposition répétée en très peu de temps, sans un travail plus profond sur le côté, n’est pas non plus la solution. Surtout que, justement, ma peur a commencé quand, dans un laps de temps de 1 mois et demi, j’ai dû monter à bord du 8ème avion pour démarrer un nouveau voyage d’une durée de 8 heures, en sachant que j’allais devoir en prendre encore 3 en plus. #paniqueàbord


Peur de l’avion : peur rationnelle ou irrationnelle ?

Commençons par dire que si on a peur de mourir suite à un crash d’avion, la peur est rationnelle, dans le sens où, en effet, c’est un risque qu’on peut envisager rationnellement.

Par contre, si on considère que l’avion est le moyen de transport le plus sûr de tous et que c’est bien plus dangereux de voyager en voiture, on peut dire que cette peur est irrationnelle.

En sachant que ce qui fait peur dans l’avion, c’est la sensation de ne pas avoir le contrôle sur cette énorme machine, tandis qu’en voiture on a une illusion de contrôle…c’est une peur irrationnelle.

En ce qui me concerne, j’ai toujours eu plus peur en vol que pendant le décollage et l’atterrissage, or ils sont les moments les plus critiques. Petit détour du côté de ma tête : au décollage et à l’atterrissage, on est plus près du sol, alors s’il y a un problème c’est plus facile de venir à notre secours…oui, je sais, ça pourrait avoir l’air rationnel, mais ça ne l’est pas dans la réalité.

Si on réalise que la peur de l’avion c’est juste une peur de la mort et que, pour autant que ça puisse être compréhensible et courant, on ne peut rien y faire, que ce soit dans un avion ou dans la vie de tous les jours…. on est encore face à une peur irrationnelle.

Ceci étant dit, comment j'ai fait pour dépasser cette peur ? Je dirais qu’il y a eu deux approches complémentaires, une cognitive et une comportementale. Du côté de mon mental, j’ai essayé d’introduire du rationnel dans l’irrationnel. Du côté comportemental, je me suis focalisée sur des techniques de relaxation basées sur le corps.


Les astuces pour la dépasser

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Prendre la décision de vouloir profiter de l’avion

C’est une prise de conscience et de décision purement personnelle. J’aime voyager et, de par mon caractère, je refuse de succomber à une peur et de m’empêcher de faire ce que j’aime à cause d’une peur irrationnelle. De plus, puisque je m’aime, j’avais envie aussi de passer ce temps dans l’avion dans la détente et le plaisir.


Rechercher des informations objectives

Les peurs spécifiques étant le fruit d’interprétations irrationnelles sur un objet déterminé (ascenseur, araignées, avions,…), le premier pas pour les dépasser a été pour moi d’arriver à faire la différence entre des données objectives et mes propres interprétations catastrophiques.

J’ai donc investigué du côté des avions et des statistiques qui en indiquent la sécurité. Dans les moments de peur, ça me permet de faire appel au côté de mon cerveau chargé du raisonnement logique (le lobe préfrontal), et donc de réguler l’émotion.


Penser aux turbulences comme aux nids-de-poule d’une route cabossée

Personnellement, le déclencheur de ma peur était les turbulences. Interprétées par mon cerveau comme des signes annonciateurs de catastrophe, j’ai appris à les concevoir différemment. En effet, ce type de mouvement de l’avion pourrait être comparé aux nids-de-poule de la route quand on est en voiture. Alors, vu que je n’ai pas de problèmes à accepter les secousses dans une voiture, pourquoi devrais-je en avoir peur dans les avions ? Ça n’a pas de sens.


Regarder par le hublot

Ça peut sembler bizarre mais j’ai découvert que, pour moi, regarder la ligne d’horizon a un effet de détente. Si je cherche une explication, je me dis que c’est peut-être parce que, face aux secousses, c’est plus « rassurant » pour mon cerveau de voir une ligne d’horizon stable, plutôt que l’avion qui est secoué dans tous les sens. Mais je n’ai pas d’explication scientifique. Ça me permet aussi de me perdre dans mes pensées en observant les nuages ou en regardant les étoiles (j’ai un superbe souvenir d’un voyage durant lequel j’ai pu admirer un ciel étoilé comme je n’en avais jamais vu auparavant).

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Détendre ses muscles

Ça, c’était une des plus belles découvertes, ensemble avec le point 6. La peur créant des tensions et crispations, je me suis rendue compte qu’au plus j’étais tendue, au plus je ressentais les effets négatifs des turbulences. Par contre, dès que je me détendais et que je suivais le mouvement de l’avion, l’expérience était beaucoup plus agréable. C’est un bon exemple de la phrase que je dis à mes patients « Tout ce qui résiste, persiste ». Dès que j’ai lâché prise, ma tension et ma peur sont parties progressivement.


Inspirer et expirer en suivant le mouvement de l’avion

Ce lâcher-prise musculaire est notamment plus facile si on se focalise sur sa respiration. Il s’agit tout simplement de faire des inspirations et expirations lentes et profondes. Personnellement, j’ai essayé la respiration en 4-2-6 ou 6-2-8 qui correspondent au temps (en secondes) d’inspiration, de pause et d’expiration. Sinon, j’ai aussi téléchargé une application qui n’est pas mal : Respirelax+. C’est une app qui vous accompagne dans la respiration avec une aide visuelle et auditive.


Faire des activités qui détendent

Plutôt que de se focaliser sur la recherche de signaux pouvant confirmer sa peur irrationnelle, c’est bien plus efficace de se laisser aller à des activités agréables. Pour moi, il s’agit d’écouter un livre via Audible, d’écrire des newsletters ou de regarder un film sur ma tablette.

Bien évidemment, chacun peut avoir des intérêts différents, l’important est de changer son focus attentionnel.


> Pour conclure, j’ai fait le tour des stratégies qui m’ont aidé à dépasser ma peur de l’avion. Ceci dit, je tiens à préciser que, même si je m’appuie sur mes connaissances psychologiques professionnelles, dans cet article je partage mon vécu personnel. Mais s’il peut vous donner des idées pour votre peur de l’avion, je n’en serai que ravie.