On le sait, la situation n'est facile pour personne. Mais les adolescents, en pleine construction identitaire vivent mal les restrictions sanitaires, l'incertitude. Et à la maison, ce n'est pas facile, mieux vaut être zen côté parents... et inversement. Catherine Schwennicke, formatrice, coach, psychologue & experte en ANC (Approche Neuro Cognitive et Comportementale) vient de sortir un ouvrage sur les rapports entre parents et grands enfants : L’autorité parentale…autrement!. Elle explique que si ces rapports sont exacerbés, c'est qu'il y a moins d'échappatoire, pour les uns comme pour les autres d'ailleurs : « les parents ont moins de ressources, les sujets qui génèrent des tensions reviennent sans cesse ».

Bien sûr, la situation n'est pas critique dans toutes les familles, et les relations parents-ados peuvent aussi se passer dans une harmonie... relative. « La période adolescente c'est justement ça, se confronter à l'autorité parentale, faire ses propres expériences avec ou sans accord ».

Mais quand cela se passe mal, que l'agressivité est bel et bien là et qu'on ne peut plus se parler sans crier, que faire ? Catherine Schwennicke donne une conférence sur le sujet ce jeudi 4 février sur la plate-forme Parents-Thèses : « Gérer les rapports de force et les comportements difficiles ». Elle y abordera les thèmes des jeux de dominance/soumission sous l’éclairage des neurosciences et donnera aussi de nombreux conseils sortis de son livre.

Rétablir le contact

Pour elle, la première démarche est d'écouter avant d'entrer dans la dispute ou de parler et de voir le jeune se refermer comme une huître. « Essayer de comprendre le vrai malaise derrière la mauvaise volonté, ce n'est pas facile. On peut essayer aussi d'utiliser les autres, en parlant du fils d'une amie par exemple pour ne pas parler frontalement de lui ». Catherine Schwennicke conseille aussi de se rendre sur le site Pixy.Family, un site qui propose notamment un test de personnalité pour toute la famille : « Cela a l'avantage de permettre de renouer assez facilement un dialogue en se racontant finalement ».

Les inégalités sociales et économiques jouent également un rôle dans les tensions, la professionnelle le souligne : si toute la famille est en télétravail et en télé-école, dans un espace exigu toute la journée, c'est intenable. « Il faut prendre l'air, chacun son tour, c'est la seule possibilité de se retrouver intérieurement ».

Contrer l'agressivité des jeunes c'est aussi les faire sortir de leur repli pour essayer d'avoir des moments de plaisir ensemble : un jeu de société, préparer un repas ensemble, aller courir, aller faire des courses... « trouver une activité qui rapproche pour établir autre chose que des disputes continuelles ». Pour certains jeunes, il est aussi important de donner des ressources pour qu'ils se sentent autonomisés et responsables.

Agressivité à chaud ou froide ?

Mais que veut dire l'agressivité que peuvent manifester certains adolescents ? « Il faut distinguer l'agressivité de type défensive qui est réactionnelle de l'agressivité offensive », explique Catherine Schwennicke. La première sert à venir titiller les limites, à faire sortir le parent de ses gonds, « on ne respecte pas les règles exprès : c'est une façon de se positionner : c'est une agressivité chaude ». La deuxième est plus froide, l'adolescent veut établir un rapport de force et dominer, c'est plus difficile à comprendre.

A l'agressivité chaude, la psychologue argumente qu'on peut donner raison à l'adolescent, en expliquant quand même pourquoi on a établi telle ou telle règle. A l'agressivité froide, "on ne donnera pas raison" car on doit reprendre la main : « et comprendre la cause de ce changement de comportement ». Enfin, la coach explique que les mêmes causes produisent les mêmes effets : « si on s'énerve sans arrêt pour une chambre pas rangée, les conséquences seront les même : un.e ado qui se ferme et qui ne veut plus comprendre les règles ». Aux parents aussi de se remettre en question... pour calmer le jeu.

> Conférence Parents-Thèses « Gérer les rapports de force et les comportements difficiles » par Catherine Schwennicke, le jeudi 4 février à 20h, en ligne (via lien envoyé zoom le matin même). Prix :18 €/personne, live et replay disponible pendant 7 jours. Gratuit pour les membres.