Dominique est coiffeur à Bruxelles. Il alterne entre masque tissu et masque chirurgical toute la journée. Mais depuis quelque temps, il a des problèmes. “J’ai dû aller chez le dermato qui m’a dit que j’avais une folliculite à cause du frottement sur les poils de la barbe”, râle le coiffeur qui depuis juin porte son masque toute la journée dans le salon non climatisé mais aussi dans le train pour s’y rendre. La chaleur est en plus un facteur aggravant pour ce type d’affection heureusement bénigne…

Marianne, elle, s’est retrouvée avec un bon gros bouton sur le bout du nez après un voyage de onze heures en train. “Le frottement du masque sur le visage irrite la peau. Si on ajoute la chaleur, la transpiration, l’humidité et la macération dans le masque, cela fait augmenter la production de sébum et les pores se bouchent”, explique le Dr Dominique Tennstedt, dermatologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Ce qui crée donc des boutons occasionnels et une augmentation des cas d’acné aussi. “Après l’aggravation de l’acné, la plainte la plus fréquente vient de patients qui ont une irritation due à la salive qui s’accumule dans le masque et qui peut être irritante à cause des enzymes. Comme les enfants qui ont une tétine”, décrit le professeur.

Les problèmes de peau viennent aussi de la nature du masque : “Les fibres des masques chirurgicaux en papier sont davantage irritantes que celles du coton dont le pouvoir d’absorption de la transpiration est plus important”.
Que faire alors, surtout maintenant qu’il faut le porter davantage en région bruxelloise ? “Alterner quelques masques sur la journée pour ne pas qu’ils soient trop humides et que la peau n’y macère, conseille le Dr Tennstedt. “Au moins une fois par jour, on se lavera le visage avec un savon doux ou une eau micellaire et on applique une crème légère hydratante matin et soir”.

On peut aussi brumiser son visage pour lui apporter de la fraîcheur. “Mais il faut attendre qu’il soit sec avant de remettre sa protection”, insiste le docteur. Enfin, prévient-il, “ne surtout pas mouiller son masque, cela détruirait toute son action protectrice”.
On peut ajouter qu’il est nécessaire de boire beaucoup, se maquiller peu ou pas, freiner sur le sucre et les produits laitiers.
Et tempérer ! “Tout cela est finalement bénin et aura tendance à passer avec le temps. Car la peau s’habitue aussi. Regardez les chirurgiens qui opèrent toute la journée depuis des années dans des salles d’op’ peu climatisées pour le bien des patients… et qui supportent très bien leur masque au final !”