En ce 8 mars, l'appel à la grève est aussi adressé aux étudiantes qui entendent bien faire connaître leurs revendications; entre piquets de grève et manifestation.


Chloé Vandenberg est militante féministe active depuis quelques années. A 24 ans, elle termine un master en science et gestion de l'environnement. Lina Rendel a 22 ans, elle est en lettres et langues et, si elle est féministe « depuis l'âge où elle a appris que cela existait », cela ne fait que quelques mois qu'elle a décidé de devenir militante en faisant partie du Groupe de mobilisation des étudiantes de l'ULB, qui fait lui-même partie du Collecti.e.f 8 maars. Elles sont environ 50 à être actives mais le groupe a organisé régulièrement des AG. Elles ne savent pas vraiment à quoi s'attendre concernant la mobilisation à la grève et à la marche du 8 mars mais « lors des réunions ouvertes, on a touché beaucoup de gens différents et pas seulement des militantes », souligne Chloé, « Notre but, c'est de mobiliser du monde, expliquer nos revendications, montrer qu'il y a des solutions à apporter mais aussi développer une sororité. C'est important des lieux où l'on peut se rassembler, être ensemble ».

Un premier pas encourageant

« La difficulté, c'était d'ailleurs d'être inclusive car on est souvent enfermées dans nos groupes militants et là, on a réussi à toucher des personnes qui ne militent pas. Et c'est super d'entendre ce que vivent les femmes dans leur quotidiens, d'entendre de nouvelles idées. » Réunions en soirée, distributions de flyers, actions avec banderoles, vidéos lancées sur les réseaux sociaux, ...

Mais le groupe ne s'arrêtera pas le 9 mars, loin de là « et ça, c'est déjà une réussite », ajoute Lina qui a vraiment senti un soutien quand elle a rejoint le groupe. « Moi je suis plutôt timide et là, soudain, tu ne te sens plus seule, pas jugée, tu partages, tu apprends et tu te sens soutenue parce que des filles partagent les mêmes aspirations ».

Des stages rémunérés, stop au sexisme

En tête des revendications qu'elles porteront dans la marche du 8 mars, figure la rémunération des stages « Il y a beaucoup de stages prestés dans les domaines sociaux, (comme chez les infirmières) et qui ne sont pas payés alors que c'est du travail. C'est une revendication reprise par le collecti-e-f 8 maars parce que ces secteurs sont essentiellement féminin et que le travail y est aussi dévalorisé : beaucoup font les petites mains, ... »

Lina Rendel ajoute qu'elle manifestera contre la banalisation de la culture du viol et le sexisme ambiant. « On n'imagine pas le nombre d'affiches sexistes qui sont collées partout, pour des TD, des événements culturels, des fêtes, les chansons sexistes des groupes étudiants, les harcèlements insistants en fin de soirée, les remarques de certains profs ».

Mais il y a plein de revendications à porter, grandes ou petites ne serait-ce que le problème des sanitaires « qui sont sales, pas adaptées pour une coupe menstruelle par exemple ».

Ce vendredi, le groupe de mobilisation des étudiantes de l'ULB organise des piquets de grève à l'ULB. Elles ont lancé un appel pour un départ commun vers le Carrefour de l'Europe et défileront ensemble dans un rassemblement non mixte, à partir de 17h.