A chaque décès de star, il n'était pas rare d'entendre ou de lire "encore une", "c'est une série noire". Mais 2016 a-t-elle vraiment été une année plus ravageuse que les autres?  


George Michael, Michèle Morgan, Zsa Zsa Gabor, Fidel Castro, Leonard Cohen, le clown Popov, Pierre Tchernia, Shimon Peres, Toots Thielemans, Michel Rocard, Mohammed Ali, Prince, Jean-Pierre Coffe, George Martin, Umberto Eco, Dominique D'Onofrio, René Angelil, Alan Rickman, David Bowie, Michel Galabru, Michel Delpech ; tous nous ont quittés en 2016. Que ce soit dans le monde politique, sportif ou culturel, de grands noms ont disparu.


Est-ce qu'il y a vraiment eu plus de décès que les autres années?

Pour répondre à cette question, nous nous sommes basés sur le site "Jesuismort.com" qui répertorie tous les décès par année. Si nous les comptons méthodiquement, nous remarquons que 2016 est en effet une année plus meurtrière que les autres pour les personnalités connues par rapport à ces cinq dernières années.

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Par contre, si nous analysons la version francophone de Wikipédia et que nous additionnons tous les décès par mois, nous obtenons un résultat tout autre ! Ainsi, selon l'encyclopédie en ligne, 2015 a été plus fatale aux personnalités que 2016.

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Qui considérer comme star?

Comme vous le voyez ci-dessus en comparant ces deux graphiques aux conclusions très différentes, tout dépend de ce que nous considérons comme "célébrité". En parcourant attentivement les listes de décès de personnalités, il est évident que nous allons tomber sur des noms qui ne nous disent absolument rien, tandis que ce même nom sera très parlant pour quelqu'un d'autre. Cela dépend de plusieurs facteurs comme notre nationalité, notre culture et de nos centres d'intérêt.

Grâce aux réseaux sociaux, nous connaissons également plus de noms de célébrités qu'avant. Aucune mort ne passe inaperçue. "On doit aux réseaux sociaux le fait de mettre en valeur des personnalités qui, pour moult raisons, n'ont pas eu droit de cité dans l'histoire –parce qu'elles n'ont pas marqué l'histoire dans le sens des dominants", explique Hélène Bourdeloie, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication à l'université Paris 13 - Sorbonne Paris Cité, à Slate.fr.

Aujourd'hui, des internautes ayant des connaissances très pointues dans certains domaines sont très présents sur les réseaux sociaux. Ils ont une influence plus grande qu'à l'époque des médias traditionnels. Ils jouent donc un rôle dans la circulation des informations et contribuent à starifier des personnalités parfois peu connues du grand public. La presse traditionnelle relaie donc également la mort de célébrités moins connues pour toucher ce public et être partagé par ces réseaux. 


Pourquoi a-t-on quand même l'impression que 2016 a été l'hécatombe pour les stars?

Des grosses pointures

Parce que beaucoup de personnalités faisant partie de notre monde culturel sont décédées dans un laps de temps très court. Durant les deux premières semaines de janvier 2016, René Angelil (le mari de Céline Dion), Alan Rickman, David Bowie, Michel Galabru et Michel Delpech sont morts. Autant de stars que la majorité d'entre nous connaissons bien.

Le rôle de la presse

Dès janvier, plusieurs médias annonçaient 2016 comme "une année meurtrière". Un peu prématuré, certes, mais cette expression est restée dans l'esprit de beaucoup de gens. Si bien que dès qu'une star mourrait, les internautes avaient l'impression qu'elle venait s'ajouter à une liste déjà interminable. 

En outre, plus une star est connue, plus les médias publient des portraits, des rétrospectives, des articles sur la carrière de ladite star. Le volume de production des médias a donc été plus important en début d'année ce qui a donné l'impression qu'il y avait encore plus de décès. 

Les réseaux sociaux

"Le décès d'une célébrité est un moment très douloureux pour les fans qui doivent faire leur deuil. Face à de tels événements, les réseaux sociaux remplissent différentes fonctions bénéfiques pour les fans. Ils permettent de rassurer les fans sur la normalité de leurs réactions et de leurs émotions et offrent la possibilité d'organiser de vraies rencontres hors ligne", expliquent Marie-Pierre Fourquet-Courbet et Didier Courbet à Slate.fr. Plus les stars sont connues, plus elle sont de fans et plus ceux-ci publient sur les réseaux sociaux en voulant rendre hommage à leur idole. Là encore, la masse de messages a donné l'impression qu'il y avait plus de morts que lors des autres années.