Ils ont décidé de sortir du silence. Pour le projet " Unbreakbable"  ("incassable" en français), des hommes et des femmes victimes de viol ont posé, à visage découvert ou non, munis d'un panneau sur lequel ils ont écrit une phrase que leur bourreau, mais aussi la police, les proches ou le personnel de l'hôpital ont prononcé au moment de l’agression ou dans les jours et les années qui l'ont suivie. "Non, c'est tout ce que tu sais dire?" , "Tu aimes?" ... Les propos glacent le sang.

Une photographe américaine, Grace Brown, a lancé ce projet en octobre 2011 afin de briser le silence qui entoure le viol et dénoncer le manque de reconnaissance des victimes. A ce jour, plus de 2000 photos sont compilées sur le blog. 

    

Si les victimes de viol  peinent à être entendues et reconnues aux Etats-Unis, mais aussi en Belgique et dans plusieurs pays du monde, les initiatives visant à libérer la parole des victimes fleurissent sur le web. En France, le Tumblr "Je connais un violeur" , récolte des témoignages de femmes violées. Il entend donner une image plus réelle des agresseurs qui sont dans plusieurs cas des proches des victimes. 

D'autres blogs s'attaquent au sexisme. "We Chalk Walk" est un Tumblr participatif mondial, créé dans le sillage du documentaire “Femmes de la rue” de Sofie Peeters. A l'initiative de quatre femmes de l'association belge féministe  Hollaback, les femmes sont invitées à marquer à la craie (“Chalk”) dans la rue les remarques dont elles sont victimes au quotidien, pour dénoncer publiquement le machisme ambiant et revendiquer leur place dans l’espace public. 

Une jeune femme française, Anaïs Bourdet, a également lancé il y a quelques mois un  blog baptisé "Paye ta Shnek" ("Écarte les jambes", en argot alsacien). Des femmes y retranscrivent les propos sexistes, expériences de drague, voire de harcèlement de rue qu'elles subissent au quotidien. Les témoignages ont rapidement afflué. Elle en a fait une sélection dans un ouvrage paru en juillet, afin de susciter une prise conscience du harcèlement de rue.