En grande surface, on est tellement habitués à choisir ses bidons de lessive, sa bouteille de produit vaisselle ou encore son pschitt multi-usage qu’on ne pense pas vraiment à la quantité de plastique qu’on jette une fois le produit consommé.

En avril 2019, le jeune Olivier Potvin qui fait fréquemment ses courses dans les magasins bio prend conscience du développement rapide du vrac d’un côté mais aussi que le liquide est laissé de côté. Et pourtant, “quand on voit ces rayons entiers de produits ménagers dans des contenants à usage unique dans les grandes surfaces, cela pose question”. Surtout que ces produits de première nécessité s’invitent dans tous les ménages. “La Belgique se targue de compter parmi les champions du recyclage mais pourquoi ne pas utiliser ce plastique jusqu’à ce qu’il soit en fin de vie pour le recycler ensuite ?”, constate l’ingénieur de gestion.

Avec son ami d’enfance, Arthur Peemans, il se lance alors dans la première étape de Superzero, sa marque de produits ménagers liquides (lessive, adoucissants, produits vaisselle et multi-usage) efficaces, biodégradables et à plus de 99,5 % d’origine naturelle. Une première étape qui n’est pas des moindres puisqu’il s’agit de mettre au point un prototype de distributeur facile à mettre en place et à remplir dans les boutiques bio puis les supermarchés.

24 centimes la dose

De la cave d’Olivier pour la conception à 25 points de vente (surfaces bio, Delhaize, Carrefour) à Bruxelles et en Brabant wallon et 6 tonnes de lessive déjà écoulée, il aura fallu quelque deux ans. Aujourd’hui, ils convainquent 2 à 3 supermarchés par mois et tablent sur 400 points de vente Superzero fin 2022, la crise sanitaire les ayant un peu freinés dans leurs débuts. La confiance était pourtant bel et bien là puisque ils ont pu bénéficier d’une levée de fonds de 300 000 € pour se lancer.

La bouteille réutilisable “à rincer à l’eau chaude tous les deux ou trois refills” peut être utilisée jusqu’à 50 fois. Ensuite, on la met simplement dans la poubelle bleue, une démarche environnementale finalement simple à suivre ! Toutes les bouteilles coûtent 1.50€ et côté lessive on est à 24 à 25 cts/dose, soit 5.99€ le litre. Un prix bas (à titre d’exemple, bonus est à 17 cts la dose et Ecover 30 cts/dose) car le but d’Eco Tap (le nom de la société commercialisatrice) est également d’avoir une portée sociétale : sensibiliser au zéro déchet, aller contre des habitudes très bien ancrées dans le domaine des produits ménagers tout en s’adressant à toutes les bourses. Sur le long terme, ils planifient de diminuer par 20 le nombre de bouteilles plastiques utilisées dans un ménage.

Les produits 100 % belges avec un parfum agréable sont en plus fabriqués dans une entreprise de travail adapté dont le chimiste a pu développer ces formules innovantes. Jusque-là ils ont déjà écoulé 5 à 6 tonnes de lessive Superzero ! Comme quoi les consommateurs se laissent convaincre. Les points de vente sont renseignés sur le site superzero.eu