Le chat qui nous observe nous juge-t-il ? Faudrait-il s’en méfier ? Nos relations avec les animaux n’ont jamais été aussi complexes. Au point de faire de l’animal un humain comme les autres ?

Pourquoi certains ne peuvent-ils se passer de leurs chiens et de leurs chats ? Que dire des violences faites aux animaux ? Comment définir nos origines communes et la différenciation qui s’en est suivie ? En quoi le rapport avec un animal peut-il nous aider à devenir nous-mêmes ?

Il y aurait tant à dire de notre compagnonnage avec le monde animal. Et il reste tant à découvrir en la matière.

Ce qui est certain, cependant, c’est que le rapport que nous entretenons avec notre chien, chat, cheval ou poisson, la peur que génère en nous la confrontation avec un ours, un corbeau, un rat ou un serpent, ne sont en rien le fruit du hasard. Comme certains de ces rapports exposés ici en témoignent, ils sont le fruit d’un entrelacs de causes personnelles, génétiques, culturelles et scientifiques.

Ce qui est certain également, c’est que ces rapports ne cessent de changer. Que jamais en Occident la cause animale n’a été autant interrogée que ces dernières années. Au point de faire de l’animal un sujet de droits, au point de lui octroyer un statut de “personne” ?


Le chien, l’antistress au quotidien

Aucune explication n’est exhaustive pour expliquer pourquoi nous avons tant besoin d’un animal de compagnie. Il en existe des dizaines. Une de celles-ci a cependant été déployée par Véronique Servais, maître de conférence à l’Université de Liège. Dans un article paru en 2007 dans la revue “Enfances et Psy”, elle explique à quel point la présence d’un chien a un effet relaxant sur les enfants.

Un des éléments d’explication est qu’un animal de compagnie “offre peu de signaux à l’interprétation, et cela évite de surcharger nos systèmes perceptifs et interprétatifs, explique-t-elle. Nous n’avons pas idée de la quantité de signaux que notre cerveau doit sans arrêt traiter de manière quasi simultanée, dans la plupart des situations sociales humaines. D’un côté, nous avons besoin d’être en relation avec les autres, mais, d’un autre côté, cela peut s’avérer très fatigant et stressant. Or l’animal, parce qu’il renvoie assez peu de signaux et n’exige aucun traitement d’information verbale, favorise la concentration, l’observation, la tranquillité. Un second élément de réponse se trouve dans le fait qu’un animal paisible signale l’absence de danger, au contraire d’un animal stressé ou apeuré”.


Le rat, messager de l’inconscient

Il est rapide, apte à se faufiler partout, à se reproduire et à dévaliser les greniers et les réserves vitales. Il est le compagnon de la pénombre, des égouts et des sous-sols. Il est associé à la laideur, à la saleté, aux maladies qu’il transporte et, surtout, à la peste qu’il symbolise depuis longtemps. Plus encore que la souris qui nous fait peur et nous surprend, le rat qui nous dégoûte est donc l’objet de nombreuses phobies même s’il a pu, dans certaines périodes et dans plusieurs cultures, être associé à des vertus positives (la fécondité par exemple).

S’il nous dégoûte cependant, c’est notamment parce qu’être des sous-terrains, il nous renvoie à nos entrailles, nos profondeurs et ce qui s’y trame. Il représente pour beaucoup nos instincts refoulés que l’on ne voudrait pas voir émerger à la surface.

C’est pour ces raisons culturelles, historiques et psychologiques qu’il a été si souvent associé à de nombreuses superstitions. Annonciateur de la mort quand il apparaît, il annonce le désastre quand il quitte un navire ou une habitation.


Ce dossier est à lire en intégralité dans le supplément Quid de ce samedi.