Si Holly Maniatty vivait jusqu'ici dans un relatif anonymat, la vidéo mise en ligne il y a quelques jours l'a sortie de sa cachette. Dans cette séquence, on voit la jeune femme doubler un concert du Wu Tang Clan, le mythique groupe de rap US de Brooklyn, en langue des signes. Une performance qui fait sourire autant qu'elle impressionne.

Pour autant, Holly Maniatty n'en est pas à son coup d'essai, comme le rapporte Slate.fr: doubler les lyrics des rappeurs, ça la connaît, puisqu'elle traduisait déjà auparavant les Beastie Boys, autre groupe de hip hop culte de la scène new-yorkaise. 

Ainsi que le rappeur Killer Mike, qui évoque sa rencontre avec la jeune femme. "Quand tu regardes la messe le dimanche matin [à la télévision] avec la petite dame en bas de l’écran qui traduit en langage des signes, tu vois? Tu rêves d’un truc, c’est de pouvoir dire quelque chose et de voir ce que ça fait, genre “nan, y a un signe pour 'enculé de ta mère'?”

Et il y en a un, plusieurs mêmes, et la jeune femme, professionnelle, les fait tous. Aussi, quand Method Man du Wu Tang s’était approché d’elle pour vérifier qu’elle n’oubliait pas le moindre "motherfucker", Holly lui a répondu "évidemment que je vais le dire, si toi tu le dis. Ce sont tes mots, pas les miens". Professionnelle, et respectueuse de l'œuvre originale, peu importe le nombre de gros mots à l'intérieur.

Son seul tabou? Le "n-word", ou "nigga", nègre en français. Elle le traduit en signe mais s'abstient souvent de le prononcer.

Avec son travail, Holly permet aux artistes de dévoiler leurs univers à un tout autre public: les sourds et malentendants. Et elle ne badine pas avec son métier, allant parfois jusqu'à bosser de 50 à 100 heures pour mémoriser avec précision les textes et langages des artistes.