Kitti Jones raconte son calvaire sous la coupe du chanteur de R&B qu'elle décrit comme un manipulateur et un prédateur sexuel.


Il ne faut pas se fier à sa voix d'ange. R. Kelly serait en réalité un gourou qui embrigaderait de nombreuses femmes dans sa secte. Et il se permettrait tout : humiliations, violences et viols. Alors que Buzzfeed récoltait en juillet les témoignages de six de ses victimes, un nouveau récit choc vient d'être publié dans les pages de Rolling Stone. Une plongée terrifiante au coeur d'un secret jusque là bien gardé.

De fan à esclave

Kitti Jones était une fan absolue de R. Kelly depuis son adolescence. Elle rencontre l'interprète de "I Believe I Can Fly" en juin 2011. Jeune mère de famille et DJ à ses heures, elle croise son idole à l'issu d'un concert. Le chanteur lui donne son numéro. Ils gardent contact, échangent des messages dans lesquels il lui demande très vite de "toujours l'appeler papa". 

Malgré quelques signes avant-coureurs, R. Kelly parvient à la convaincre de venir s'installer dans l'une de ses maisons, à Chicago. C'est chose faite en novembre. Le début de deux années « d’abus physiques, de contraintes sexuelles, de manipulations émotionnelles et de règles draconiennes qui dictaient presque chaque aspect de sa vie », explique Jones à Rolling Stone.

Une photo prise lors de leur rencontre en 2011. © Rolling Stone - Kitti Jones

Briser une règle, c'est être "punie"

Kitti Jones n'était pas la seule à être ainsi installée, au service exclusif de R. Kelly. Buzzfeed est parvenu à recolter les témoignages de six femmes dans une situation similaire. Manipulateur et violent, la star les écraisait de tout son poids. De manière psychologique, mais aussi physique. Il fait régner une discipline de fer. Les membres de ce "harem" qu'il s'est bâti doivent s'y soumettre. 

Le mot d'ordre ? Une sexualité débridée qu'il n'hésite pas à filmer. « Parfois, il nous forçait à regarder ce qu’il a fait à d’autres filles. Il se masturbait en regardant ces vidéos et il nous forçait ensuite à lui faire une fellation pendant qu’il regardait ce qu’il a fait à quelqu’un d’autre sur son iPad », détaille Kitti Jones. Ne pas se plier à ses exigences, c'est s'exposer à des "punitions". Il est arrivé à Jones d'être frappée, mais aussi enfermée et affamée des jours durant, car elle avait désobei, confie-t-elle dans l'article.


"Tu ne peux pas dire que je ne t’ai pas bien traitée"

C'est en 2013 que Kitti Jones trouve le courage de s'échapper des griffes de R. Kelly. Et ce, malgré la peur permanente qu'elle ressent. Durant cette période, elle se dit même qu'elle doit "se tuer ou le tuer". Finalement elle prétexte un voyage en Europe, pour voir son fils. Elle quitte le gourou pour de bon. 

Désormais hors de portée, le chanteur s'inquiète de ce qu'elle pourrait dire de lui. "Si quelqu’un vient te voir pour te demander comment je t’ai traitée, tu ne peux pas dire que je ne t’ai pas bien traitée… Tu avais un toit au-dessus de la tête. Je t’emmenais faire du shopping. Tu ne dois pas dire que j’étais un monstre". 

C'est la publication de l'enquête de Buzzfeed qui a donné à Jones le courage nécessaire pour partager son expérience. Elle espère ainsi pouvoir aider d'autres femmes à faire de même. R. Kelly, lui, fait la promotion de sa tournée actuelle sur les réseaux sociaux. Comme si de rien n'était...