Le phénomène "escape room", c’est plus qu’un jeu, c’est aussi un business en pleine croissance. A Bruxelles, Escape Prod occupe le terrain en misant sur la BD avec la complicité de Media Participations.

Il s’appelle Gabriel Durnerin et, à vue de nez, il ne fait pas plus de 30 ans. Il est en charge depuis quelques jours à peine du développement de la société Escape Prod, une toute jeune entreprise basée rue de l’Etuve, à 50 mètres de Manneken Pis à Bruxelles. Son business ? Proposer à tous ceux qui s’arrêtent chez lui, une heure de véritable évasion dans un univers totalement immersif. Pendant 60 minutes, on se glisse dans la peau des frères Dalton avec un double objectif : sortir de cette fichue prison et récupérer le magot que le shérif a planqué dans son coffre.

"L’idée n’est pas toute neuve. Le principe des "escape rooms" est né au Japon; il a déjà conquis l’Amérique et s’est installé depuis quelques années en Europe, à Londres, Paris et même à Bruxelles mais surtout à Budapest qui est devenue en quelque sorte la capitale européenne du genre avec une centaine de salles", explique Gabriel Durnerin, gérant d’Escape Prod.

Le concept, c’est d’abord un bâtiment de 400 m² qui compte deux "chambres d’évasion" aujourd’hui mais qui devrait en compter sept d’ici à 2018. Les deux premières chambres ont été aménagées sur le thème de Lucky Luke et des Dalton. Pour la suite, d’autres héros de la BD belge pourraient être invités. "Nous avons négocié avec Media Participations qui possède les droits de Lucky Luke mais aussi de Thorgal, de Blake et Mortimer… Ce qui laisse entendre que l’on pourrait puiser dans ce portefeuille des thèmes forts pour les salles en projet", souligne Thomas Provoost qui, avec Cédric Caumont, est à l’origine de ce développement.

Car les deux compères sont déjà, depuis une dizaine d’années, à la tête de Repos Production, une société d’édition de jeux de société qui monte en force et qui occupe une bonne douzaine de personnes à Bruxelles. Elle édite notamment Time’s Up et 7 Wonders tirés à plus d’un million d’exemplaires et compte encore quelques solides projets dans ses cartons.

En l’occurrence, et sur le plan formel, Escape Prod est plus une "spin off" qu’une filiale de Repos Prod mais, ce sont bien les mêmes acteurs que l’on retrouve sur la scène de cette nouvelle aventure, avec la même philosophie. "Nous croyons évidemment à ce concept mais nous sommes persuadés qu’il doit être qualitatif. Le principe de l’adosser à des héros de bande dessinée, à Bruxelles, à quelques mètres de la Grand-place, c’est déjà un investissement important. Mais il ne serait rien si nous n’avions pas investi aussi dans le produit lui-même à la fois dans sa conception et dans sa réalisation", insiste Thomas Provoost.

D’abord, il faut concevoir le jeu lui-même, ses énigmes et ses séquences. C’est une mission qui a été confiée à Guilaine Didier, en charge du Game Design. Et une fois que celle-ci a défini toutes les énigmes à résoudre dans un délai donné, c’est un ingénieur, Sébastien Dubois, qui se charge de la réalisation et qui bourre l’espace d’une électronique invisible mais qui assure la magie de l’ensemble : des trappes qui s’ouvrent, des clés qui tombent, des messages qui apparaissent…

L’équipe, de 4 ou 5 joueurs maximum, doit travailler ensemble pour atteindre l’objectif. D’où l’idée de proposer également la formule aux entreprises comme incentive ou dans le cadre d’un team building. Un programme spécifique est en cours d’élaboration, sachant qu’en tout état de cause, l’aventure se déroule en petit comité de cinq personnes maximum. Mais comme l’épreuve est strictement limitée à une heure, les enchaînements sont très rapides et permettent aussi des débriefings constructifs. Tous les détails se trouvent sur www.escapeprod.com. Yves Cavalier