« Toute cette histoire est une invention délirante sans aucun fondement. C’est une construction de bric et de broc prenant des éléments de différentes civilisations qui n’ont même jamais été en contact les unes avec les autres. C’est artificiel et stupide et tout a été démenti. » Voilà qui est clair ! Pour Eric Taladoire, spécialiste du monde maya et professeur d'archéologie précolombienne à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, il ne se passera strictement rien le 21 décembre prochain. Il en veut pour preuve le calendrier maya. Comme nombre de spécialiste, il réfute l’interprétation erronée qui en est faite par quelques-uns : « Les Mayas ont une conception cyclique du temps. Ces cycles sont répétitifs, peuvent durer 280 jours, 144.000 jours voire même 1.880.000. Quoiqu’il en soit, ils n’aboutissent jamais à la fin du monde. Mathématiquement parlant, cette date est un phénomène comparable à notre 31 décembre ».

Eric Taladoire pointe du doigt une utilisation à des fins mercantiles de cette théorie apocalyptique. « La date du 21 décembre 2012 apparaît en tout et pour tout deux fois dans les milliers d’inscriptions mayas étudiées par les épigraphistes. C’est une goutte d’eau et je serais incapable de vous dire pourquoi c’est celle-ci qui a retenu l’attention de ceux qui se préparent au pire. Sans doute parce qu’elle colle avec d’autres choses qu’ils voulaient voir coïncider mais c’est un mensonge artificiel destiné à vendre des livres ou des parcelles de terrain hors de prix. Nous sommes ici dans le domaine de l’incrédulité la plus totale » assure-t-il.

Le spécialiste a une autre « preuve » de ce qu’il avance : les Mayas eux-mêmes ne semblent pas prêter la moindre attention à cette date qui approche à grands pas. « Ils sont plusieurs millions aujourd’hui à vivre essentiellement au Mexique, au Guatemala, au Honduras et au Belize. La majorité d’entre eux ne manifestent strictement aucun intérêt pour ces théories apocalyptiques. Ils ont des préoccupations bien plus basiques dans leur vie quotidienne comme la prochaine récolte qu’ils espèrent suffisamment bonne que pour faire vivre la famille. Toute cette histoire leur passe totalement au-dessus de la tête. Pire : ils ne sont utilisés que comme un prétexte par les 'croyants' qui n’accordent aucune espèce d’importance aux problèmes de la civilisation maya. A la limite, même, ils les gênent. C’est simple, dans le film ‘2012’, sur 2h30 de pellicule, il y a une seule image montrant les Mayas... et ils sont morts ».

Que se passera-t-il dans les communautés mayas le 21 décembre prochain ? « Probablement rien » explique Eric Taladoire. « Aucun rituel ne devrait être tenu dans la mesure où ce calendrier n’est plus utilisé depuis très longtemps ». Cette date n’évoque donc pas un moment particulier dans la civilisation maya dont les membres pourraient voir débarquer quelques illuminés en mal de salutations au soleil. La dégradation de sites est la plus grande inquiétude dans la région.