Une nouvelle application de rencontres a vu le jour en Belgique. Lancée la semaine dernière, elle intéresse beaucoup et compte déjà plusieurs milliers d’inscrits. Sa spécificité ? Elle s’adresse à la communauté LGBTQ+ et entend établir un climat de tolérance, de respect et de sécurité pour laisser à chacun la possibilité de s’exprimer et de se faire comprendre, notamment au-delà du simple physique.

Himoon (de Hi, bonjour en anglais américain et Moon, la lune, qui a une face cachée) est née d’une envie : celle d'un des fondateurs de s’ouvrir à des histoires potentiellement belles tout en ne s’affichant pas, par volonté de ne pas être reconnu comme utilisateur d’une app de rencontres, par timidité aussi. Et par l’envie d’être autre chose qu’une photo parmi un annuaire de physiques qu’on swipe ou non.

Elle tombe aussi à pic dans cette période corona où la vie semble à l’arrêt pour beaucoup et plus encore pour cette communauté dont beaucoup de membres sont confrontés à l’isolement et au manque d’interactions sociales.

C’est Michael Couvreur, l’autre fondateur qui nous explique le raisonnement premier de son associé. « L’envie de pouvoir tisser plus qu’une relation éphémère existe sur toutes les app. Mais l’envie est encore plus grande dans cette communauté : il y a peu d’offres, peu d’alternatives au final", explique Michael. Habitués des sorties et des soirées, les membres de cette communauté se voient largement coupés des rencontres qui avaient lieu davantage en live, ce qui est totalement exclu en ce moment.

L’appli, entièrement gratuite, est ouverte aux lesbiennes, aux gays, aux bi, aux transgenres et aux personnes queer. « Tout le monde ne vit pas la même chose au niveau de sa sexualité, certains ont avancé, se sentent à l’aise, d’autres se posent encore beaucoup de questions et préfèrent y aller doucement, se chercher et cela, sans avoir peur d'être reconnu et jugé. »

Une photo non visible directement

Himoon les accompagne si l’on peut dire en permettant de rester discret, de ne pas s’afficher directement, « car la photo de profil n’est pas visible de toutes et tous », nous explique Louis Dresse, cofondateur du projet.

Les membres devront matcher avant de pouvoir parler et c’est au fur et à mesure de la discussion que la photo sera peu à peu dépixellisée, par petites touches. Une approche ludique pour faciliter la rencontre d’une personnalité plutôt que d’un physique et une façon de garantir intimité et sécurité.

Un procédé qui n’est pas propice à la malveillance qui cible malheureusement trop souvent encore la communauté arc-en-ciel : « Il faut discuter pour prendre le temps de se connaître, de se dévoiler. On est ici dans un process de rencontre qualitative. »

L’inclusivité est aussi le pilier de cette start-up qui a directement collaboré avec les associations représentant la communauté LGBTQ+ en Belgique et notamment la fédération wallonne des associations LGBTQ+, Arc-en-ciel Wallonie, qui a tout de suite identifié le potentiel du projet et prêté leur expertise à la mise en place de l’appli. Tels Quels, Genres Pluriels, ainsi que la RainbowHouse à Bruxelles, épaulent également le projet.

Après quelques jours de fonctionnement, les retours sont très bons avec une dimension « discussion » et « rencontres amicales » que n’avaient pas totalement anticipé les fondateurs.