Près d’un an que beaucoup d’entre nous tournons en rond, comme des lions en cage. Que nous sommes privés de sorties culturelles. En tout cas de cinéma, de théâtre, de concert ou de festival en tout genre. Car les musées, eux, ont pu rouvrir, dans le respect strict des mesures sanitaires. Mais les expositions de très belle facture se multiplient, à l’image de celle sur l’Empire romain que nous évoquions ici la semaine dernière, ou celle sur les Mérovingiens à Mariemont, peut-être plus pointue mais non moins passionnante et qui complète remarquablement le propos de la première puisque suivant la chronologie (l’Empire puis les suites de sa chute, en particulier dans nos régions). Mais un an de privations a pu provoquer des blocages chez certains pour qui l’idée de remettre le bout du nez dehors est au-dessus de leurs forces. D’où la belle initiative de la Ville de Bruxelles et de son échevine Delphine Houba menée durant le congé de carnaval, à savoir rendre ses musées et des institutions partenaires gratuits pour les étudiants sur présentation de la carte ad hoc. Ils sont donc au nombre de sept, ces musées communaux et apparentés :

Le Musée de la Ville de Bruxelles, sur la Grand-place, est abrité dans la Maison du Roi, de style néogothique, dont les collections ont été constituées par des legs et donations mais sont aussi le résultat de fouilles archéologiques et de collectes et achats d’œuvres mettant en valeur l’histoire et le développement de la ville et de ses habitants. Parmi les pièces étonnantes, la girouette originale de Saint-Michel terrassant le dragon, datant de 1455 et descendue en 1993 de la flèche de l’hôtel de ville et remplacée en son sommet par une nouvelle depuis 1996.

La girouette de l’hôtel de ville a des allures de robot : inutile de faire dans le détail quand on trône à plus de 90 m du sol. © D.R

Couvrir Manneken-Pis

Les amateurs de folklore et de savoir-faire en matière de couture ne manqueront pas de faire une visite à la garde-robe de Manneken-Pis, laquelle compte plus de 1030 costumes dont le plus ancien conservé à ce jour a été remis par Louis XV afin d’apaiser les esprits suite au vol de la statue par des soldats français (qui la ramenèrent fort heureusement). Dans la foulée, Louis XV nomma Manneken-Pis chevalier de l’ordre de Saint-Louis. Gages d’amitié de la part de certaines régions du monde, cadeaux remis par des cercles estudiantins ou folkloriques, des associations caritatives, des sportifs ou des stars de cinéma ou de la variété, ces costumes sont symboliques de la popularité du Petit Julien.

L’un des derniers costumes : cette réplique de la tenue de scène que portait Plastic Bertrand en 1977. © D.R

On reste dans les tissus avec le troisième musée, celui consacré à la mode et à la dentelle, rue de la Violette. Jusqu’au 13 juin, il présente Masculinities, une exposition consacrée à la mode masculine, domaine où la création belge excelle : quels auront été les codes de la masculinité et quelle furent leurs évolutions, du XVIIIe siècle à nos jours. La 2e expo temporaire, Fashion Room#2, court, elle, jusqu’au 24 mai, et explique comment le musée acquiert et choisit de conserver telle ou telle pièce dans ses collections. Un tel musée exige une visite à ses collections permanentes, notamment celles présentant les dentelles de Bruxelles, une étoffe et un savoir-faire aujourd’hui disparus.

Le quatrième musée bruxellois ouvert gratuitement aux étudiants ces jours-ci nous envoie dans un tout autre décor, celui des égouts. Au travers de ses souterrains, ses pertuis et collecteurs, c’est l’histoire de la ville, de sa rivière - cachée et déplacée dès la deuxième partie du XIXe siècle -, des hommes qui y travaillent qui vous est dévoilée.

Sachez que toute l’année, ces musées de la ville proposent de nombreuses activités en leurs murs et parfois en dehors, parfois gratuites. Leur accès est en tout cas gratuit les premiers dimanches du mois. Et même si leur accès est payant, cela reste une activité très bon marché.

Encore plus d'idées

1. Design Museum

Musée dynamique et vivant, le Design Museum propose de nombreuses expos, temporaires ou permanentes, permettant de se faire une idée des tendances au fil des XXe et XXIe siècles. Ce week-end, ce sont les derniers jours de (Dé) confinés, exposant des objets qui, en raison de leur fragilité ou de leur sensibilité à la lumière ou aux variations de température ou d’humidité, sortent rarement des réserves du musée.

2. Centrale for Contemporary Art

Ici aussi, les étudiants peuvent profiter gratuitement de l’exposition “Panorama” consacrée à Xavier Noiret-Thomé et Henk Visch qui vit ses dernières heures. Le peintre français de Bruxelles a invité le sculpteur et dessinateur néerlandais pour une exposition joyeuse et colorée qui n’interdit pas la réflexion. C’est aussi ce dimanche que se referme l’exposition consacrée au Dinantais Émilien Simon “Forest and Skies”, une installation sonore, visuelle et thermique.

3 . Palais du Coudenberg

Également gratuit pour les étudiants, ce musée souterrain pense aussi aux plus petits avec l’opération Viens t’a (musées). Ils sont invités à partir à la recherche du trésor de la Toison d’Or afin de venir en aide au petit Charles Quint. N’oubliez pas de réserver pour toutes ces activités !

Attention: le Covid impose la réservation obligatoire

Pour les quatre musées bruxellois : www.brusselscitymuseum.brussels/fr
Pour les partenaires : centrale.brussels/ , coudenberg.brussels/fr, designmuseum.brussels/