Le jardin des étoiles a été inauguré hier à l’hôpital CHIREC à Bruxelles. Un lieu de recueillement pour les parents touchés par le deuil périnatal.

Perdre un enfant pendant la grossesse ou à l’accouchement est un sujet encore tabou dans les sociétés occidentales. Imaginer la mort d’un nouveau-né met mal à l’aise, dérange. Quand ce drame touche la famille, la parole est souvent tue. Il faut pourtant mettre des mots sur cette perte. Surtout, il faut garder un souvenir de cet enfant décédé. C’est désormais possible grâce au Jardin des Etoiles du groupe hospitalier du CHIREC.

© Audrey Morard

Le Jardin des Étoiles a été inauguré le mardi 15 octobre par le Pôle Mère-Enfant de l’hôpital Delta. Un choix de date loin d’être anodin, il s’agit en effet de la journée mondiale du deuil périnatal. Situé à l’arrière du bâtiment, le Jardin des Étoiles permet aux parents de se recueillir dans le calme et l’apaisement. Ce type de jardin est le premier en Belgique. 

A l’intérieur, on distingue quatre urnes en terre cuite. Chacune porte le nom d’une constellation comme Cassiopée ou Andromède. Elles permettent aux parents de déposer dans une petite fente un médaillon sur lequel ils peuvent graver un prénom, un symbole, une date en souvenir de leur enfant.

© Audrey Morard

“Nous savons aujourd’hui que le deuil périnatal est une véritable souffrance”

Le Jardin des Etoiles est avant tout un projet multidisciplinaire. Des sages-femmes, des psychologues mais aussi des néonatologues ont uni leurs forces et leurs idées pour que le projet existe. Autant de spécialistes qui côtoient au quotidien des parents endeuillés par la perte de leur nouveau-né. “Nous savons qu’il y a aujourd’hui une véritable souffrance. Lorsqu’un parent perd un enfant se satisfaire du discours ‘tu en referas un autre’ n’a pas lieu d’être” indique Dominique Grossman, néonatologue et chef du pôle Mère-Enfant à Delta.

Comme le rappelle Caroline Grégoire, psychologue au CHIREC, “des parents sont dans une vraie culpabilité. Ils ont donné la mort, plutôt que la vie. Le deuil périnatal rompt l’ordre naturel. Et puis il y a les avancées technologiques qui personnalisent le bébé et installent très vite le couple dans un processus de parentalité”. L’accompagnement et l’accueil des parents endeuillés se révèlent donc cruciaux.

En plus du Jardin des Etoiles, d’autres projets ont été mis en place pour accompagner les parents comme des groupes de paroles. Une fois par mois, entourés d’une psychologue et d’une néonatologue, des couples se retrouvent pour partager leur expérience et sortir de leur isolement. Des carnets pour les bébés morts ont aussi été imaginés par une infirmière de l’hôpital Delta. Les parents peuvent y glisser sur une carte le prénom de l’enfant, garder une mèche de cheveux, un bonnet de naissance. “Ce petit livret vise à aider les parents à passer ce cap difficile dans les meilleures conditions” explique Brigitte Sepulchre, néonatologue à Delta. Mais sa consoeur le Dr Grossman avertit : “on propose, mais on n’impose pas. Chaque deuil est différent, les personnes ne réagissent pas de la même manière”.

© Audrey Morard