La place des femmes s’est construite sur des stéréotypes qui ont tricoté la société. En prendre conscience, c’est déjà avancer...

"Vous êtes compliquées, vous les femmes !" Cette phrase, toutes les femmes l’ont déjà entendue. Soit lorsque l’on parle de leur place dans la société soit... pour tout et rien. Mais c’est la société qui est compliquée pour les femmes! Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, sera l’occasion de revenir justement sur les avancées mais surtout les combats qui restent à porter (voir ci-contre) pour atteindre une égalité des droits entre femmes et hommes. Deux groupes stéréotypés depuis la nuit des temps avec un rapport de pouvoir dominants-dominés. “Le stéréotype, c’est le synonyme d’une représentation sociale. Chaque être humain vit avec plein d’idées construites par de multiples canaux : l’éducation scolaire, des parents, l’expérience, les contacts sociaux, les réseaux sociaux aujourd’hui, … Et ils nous permettent de vivre et d’agir en fonction de ce qui arrive. Cela crée dans notre esprit des stéréotypes de groupes par exemple : les hommes, les femmes, les immigrés ; les patrons, … Un exemple : si dans ma conception, les patrons sont des gens rigoureux, précis je vais me préparer à un entretien d’embauche de cette façon-là”, explique Sarah Sépulchre, professeure à l’Université catholique de Louvain (UCL) spécialiste des questions de représentation.

Hommes et femmes ont toujours été construits socialement par opposition : “En fait, il y a des prescrits pour chaque groupe : ce que l’on doit faire, ce que l’on doit être et des proscrits : ce que l’on ne doit pas faire, c’est ancré dans le collectif, et véhiculé socialement : un homme c’est musclé, une femme douce et empathique par exemple”. Et ce sont ce qu’on appelle ces biais de genre qui rendent les choses si compliquées pour faire avancer les droits des femmes et l’égalité des genres, “c’est que l’on doit conscientiser, déterrer, détricoter des tas de préjugés et d’idées dans tous les domaines de la société”. Un exemple flagrant dans les émissions de télé-réalité, les "genres" sont tranchés, stéréotypés et inégalitaires : femmes hypersexualisées, pipelettes, mêle-tout contre hommes forts, garants de "solutions"...

Heureusement, les lignes bougent


Aujourd’hui, prendre conscience qu’une femme peut ne pas avoir envie d’enfant reste tabou mais le sujet a le mérite d’être mis en lumière, c’est nouveau, on en parle”. Et l’on peut regarder le chemin parcouru en 50 ans, il est fabuleux : “Dans les années 60, les femmes n’étaient absolument pas émancipées dans leur immense majorité”.

Chaque 8 mars est donc l’occasion d’alerter, d’expliquer pour faire peu à peu bouger les lignes. “Le 8 mars reste une journée politique, de revendications et de contestation parce qu’il reste encore beaucoup à faire pour l’égalité des droits des hommes et des femmes. C’est toujours une journée principalement organisée par les associations féministes parce qu’elles sont à l’origine de tout ce qui a bougé depuis les années 70. Ce sont les premières à avoir récolté des témoignages de femmes ayant subi des violences sexuelles, physiques, sociales… En mettant en avant la liberté à disposer de son corps notamment, et d’autres grandes thématiques, elles ont mis au centre des débats la place des femmes au sein de la société.” Et ces associations continuent.

Si cela pouvait être une journée portée par tout le monde, on vivrait enfin dans un monde idéal, s’exclame Sarah Sépulchre avant de marteler : “C’est important, on est loin d’être dans un combat contre les hommes comme on peut l’entendre encore ici et là. C’est bénéfique pour le vivre ensemble”.