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Que faire de la maison natale d’Hitler? Le bourgmestre de Braunau (nord-ouest), opposé à l’idée de la transformer en lieu de mémoire, aimerait la découper en appartements. Le bourgmestre (chrétien) Hannes Waidbacher, a été surpris de l’écho négatif produit par son idée. Depuis, il assure qu’il y a "beaucoup de concepts et qu’en temps voulu on trouvera certainement une solution satisfaisante pour tous". Il avait déclaré dans une interview : "Nous sommes déjà suffisamment stigmatisés. Hitler a passé les trois premières années de sa vie dans notre ville, mais ce n’était pas là la période de sa vie qui a le plus marqué. La ville de Braunau ne veut pas assumer la responsabilité pour l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale." Et d’ajouter qu’il y a déjà plusieurs lieux commémoratifs du nazisme dans les environs. Les Allemands, qui ont, eux, rompu radicalement avec le passé nazi, observent ce débat tortueux avec un certain amusement. Selon une boutade, les Autrichiens ont fait croire au monde que Hitler était allemand et Beethoven autrichien. Hitler a été naturalisé allemand en 1932, un an avant sa prise du pouvoir. Et aussitôt après l’Anschluss en 1938, ses ex-concitoyens lui ont réservé un accueil triomphal.

Sa maison natale est une grosse demeure à deux étages, peinte en jaune et classée monument historique depuis le début du XXe siècle. Hitler est né à l’étage supérieur loué par son père Alois, un douanier. Braunau est située à la frontière allemande dans une région très catholique : à 10 kilomètres, sur la rive bavaroise, est né Joseph Ratzinger. Le dernier locataire fut une organisation pour jeunes handicapés. Depuis quelque temps la maison est vide, à l’exception de l’appartement qu’habite une retraitée, qui refuse de parler aux journalistes. Le ministère de l’intérieur de Vienne paie le loyer; il est aussi embarrassé que le bourgmestre concernant l’avenir des locaux. "Nous sommes très sensibles à la question et allons trouver rapidement une solution", assure un porte-parole à la presse incrédule.