Certains auraient bien profité de quelques jours de plus à l'école pour profiter des copains, d'autres trouvent le temps toujours aussi long après 3 mois et demi sans école. Et tous n'ont qu'une idée : prendre le large, quitter la maison !

Un cahier oublié, une chaussure de gym toute seule coincée sous un tapis de sport, des bricolages qui se décollent doucement à la chaleur derrière une fenêtre, l'odeur de la craie qui flotte encore et des enfants en sueur, rouges mais triomphants se poussant vers la porte de sortie : c'est les vacances !

Oui mais... cette année, cela ne s'est pas du tout passé comme ça. Le confinement, suivi de quelque trois semaines de reprise souvent partielle des cours (et encore pas pour tous les élèves), est passé par là. Et voici donc déjà deux mois de vacances devant les enfants et les ados... Ouf ? Pour Victor qui va rentrer en septembre prochain en 3e primaire et qui a son dernier jour d'école ce mardi, la fin de l'école c'est super, un point c'est tout : "Dès qu'il peut ne pas y aller, il est très content", confirme son père et aujourd'hui, il n'avait même pas envie d'aller pour la dernière fois en classe, "si c'est pour jouer à des jeux de société de loin". Les conditions sanitaires imposées par le Covid-19, la distance physique, les classes rétrécies, ça ne lui plaisait pas. A tel point qu'adieu les copains, vivent les vacances en famille !

Le sens de l'effort

A l'opposé, Sofia et Louisa, jumelles de 8 ans également, qui fréquentent la même école d'Ixelles que Victor étaient toutes tristes cette année que l'école se termine si vite. Un étonnement pour leur mère : "Elles n'ont pas assez vu leurs copines et elles semblent même avoir pris plaisir ces trois dernières semaines à faire leurs devoirs. Hier soir, Louisa s'occupait de ses cahiers, écrivait son nom alors qu'elle n'avait plus rien à faire", souligne encore leur maman. Une semaine de plus, ça ne les aurait pas ennuyées !

Avec l'école, "les enfants ont pu retrouver le sens de l'effort, pour certains l'écoute d'un prof attentif et des camarades de leur âge", explique Stéphanie Peters, pédagogue qui accompagne la scolarité des jeunes. Enfants comme ados ont tous vécu des émotions intenses qu'ils ont pu délivrer dans le cadre scolaire, en en parlant, ou "par identification avec l'histoire des copains". La reprise de l'école a même aussi permis à certains de reléguer "tout ça" au second plan, heureux d'avoir autre chose à penser. 

Une sensation de flottement

Mais pour celles et ceux qui n'ont pas eu ce petit retour à l'école, c'est long. Rose, 16 ans en 5e secondaire à l'ARA n'a donc jamais pu reprendre les cours. Alors la période des vacances n'est pas une délivrance, "à vrai dire, là, je ne vois pas vraiment la différence depuis des mois à part qu'on peut voir nos potes en vrai. J'attends vraiment qu'il se passe quelque chose là, de partir en dehors de chez moi pour prendre l'air, j'étouffe", réfléchit-elle, ce qui est prévu pour la mi-juillet. Hâte d'être en septembre ? "Non plus... parce que retourner à l'école c'est retourner dans cet environnement bizarre avec masque et tout ça j'imagine et je n'ai pas envie d'y penser là tout de suite".

Sarah, 15 ans, elle, est impatiente de faire sa rentrée en 4e à Nivelles. L'école lui manque beaucoup et la période a été pour elle "super longue, je n'avais quasi pas de devoirs en plus alors que j'aime bien apprendre moi !" Et ce n'est pas fini, elle ne partira qu'en août "et un week-end en juillet", ajoute-t-elle. Alors pour faire quelque chose de ses jours, Sarah a trouvé via via un petit boulot : elle va aider à rénover un appartement. Auparavant, elle avait pu travailler dans des jardins avec son père, jardinier. Une activité au grand air qui lui a fait du bien parce que cela a rythmé ses jours et qu'elle a pu profiter de son père comme rarement.

Heureusement, il y a les scouts !

Pour Una et Naïs, pas de telles questions à se poser : les petite (11 ans) et grande (14 ans) soeurs se préparent avec joie pour leur camp scout qui commence en fin de semaine. Una qui rentrera en 6e primaire en septembre à Sainte-Anne (Etterbeek) a pu bénéficier de quelques semaines à temps plein à l'école, de quoi revoir les amis "mais pas les 4e, parce que la cour était coupée en morceaux", revoir mieux le programme avec l'institutrice sans être assaillie de devoirs : "On travaillait à l'école mais ma prof nous a dit qu'on sortait d'un gros truc et elle ne voulait pas nous en rajouter. C'était déjà bien d'être là". 

Pour Naïs, l'école est déjà loin : au Sacré-Coeur de Linthout, les cours sont terminés en 2e secondaire depuis mardi de la semaine passée. "J'ai eu beaucoup de travail parce que j'avais peur de ne pas réussir. Mais si !" Et là bientôt, entourée de ses deux meilleures amies, elle va vivre l'indépendance des Guides, "même si on ne va pas pouvoir faire toutes les activités cette année". Un séjour chez les grands-parents et des vacances avec ses parents plus tard, il sera presque l'heure de rentrer après un été bien occupé... "Et là, ça me fera plaisir de revoir tout le monde parce qu'on était en tout petits groupes en juin".