Les Lopez (du 58, du 63 et du 36) ont mis une pagaille folle sur YouTube. Parodiés tous azimuts. Décorticage du buzz du moment.

La Toile est tordue de rire. Le Clash des Gitans, qui par vidéos YouTube interposées voit s’opposer deux clans issus de la même famille (les Lopez), empile les millions de vues.

Dans un gloubi-boulga de tatouages, d’insultes, d’armes, de congestion musculaire, de marcels trop serrés et de grattages de parties intimes au son d’un français primaire (primate ?), on y voit David Lopez et son cousin Djo - de son vrai nom Christophe - se promettre "volées", "castagne" et pis encore.

Le phénomène fait rapidement boule de neige et les parodies s’enchaînent : Déconne Cheese, le célèbre YouTuber Cyprien (dont la vidéo du Clash des Gitans frôlait ce jeudi, déjà, les 5,5 millions de vues), mais aussi les Guignols de l’Info s’en sont emparés. Viral, qu’on vous dit.



Mais derrière les rires gras, le buzz, et l’attente par certains d’assister au "véritable combat du siècle" (Pacquaio et Mayweather en auraient avalé leurs protège-dents), que s’est-il vraiment passé ? Plantage de l’ubuesque décor.

La rixe débute fin 2012. David Lopez, originaire du 58, entre la Nièvre et le Loiret, devant sa caravane, torse nu, barbe daechienne, se sert de YouTube pour lancer un message à son cousin Djo du 63, à Clermont-Ferrand. Ulcéré, il hurle "aux trois bâtards qui m’ont tombé dessus" (sic) vouloir "sucer la calotte de leurs morts", "avoir enc... la femme de Djo", le tout devant sa propre compagne. Il promet à Djo "qu’il va payer", "avant la fin du monde".


L’origine du courroux de David ? Ce dernier, qui aurait épousé la sœur de Djo, aurait été victime d’un passage à tabac de Djo et deux de ses ouailles, lors d’une fête de famille ayant mal tourné, en 2011.

Ce qui est certain, comme le chantait le rappeur de peu de talent Henock Cortes (du 63, chez Djo, si vous suivez toujours) dans Calibre 12 , les Lopez du 63 ne sont pas des enfants de chœur. Même qu’ils détiendraient "le record de mâchoires cassées". Pis encore : la raison de l’absence de vidéo-réponse de Djo à David s’explique par l’incarcération de Djo, depuis 2012, avec son frère Christian. Il a pris six ans pour détention d’armes et blessures par balles, des suites d’une fusillade survenue aux abords de l’autoroute A9, avec une famille gitane rivale, les Debord. Marie-France, mère de famille qui se trouvait au volant de son véhicule, s’était pris une balle perdue à l’épaule.

La vidéo de David reste sans réponse, trois ans durant. Seuls quelques zozos du 63 se fendent d’une vidéo, armes en main, pectoraux bombés, maltraitant un pauvre sac de boxe Domyos pour ne pas se laisser conter.

Le clash des gitans décolle en fait il y a un mois. Djo Lopez recouvre la liberté - plus tôt que prévu. Il réunit Christian, et quelques-uns de ses plus beaux bébés, pour répondre, fissa, devant l’objectif, à ce diable de David. Plus posé que son cousin/beau-frère, il s’empresse de dévoiler son âge (45 ans), son poids (75 kilos), et la circonférence de ses biceps. Il explique "avoir pris des coups de couteau, des balles. C’est pas une tapette qui a abandonné sa femme et ses enfants comme une sal... qui va m’impressionner". Et Christian de ponctuer : "Avec les bagues, sans les bagues, chez nous c’est la castagne !" Une chorégraphie simiesque, homophobe, achève le show.


David, de son côté, a manifestement Internet dans sa caravane. À la vue de la réponse de Djo, son sang ne fait qu’un tour. Dans un état où dyslexie, apoplexie, hystérie et manifestement crampes gastriques s’entrechoquent, il répond. Par une nouvelle vidéo seul d’abord. L’homme, fou de rage, supplie à son nemesis d’"en finir", et implore un rendez-vous "moitié route". "Amène ta clique de pédés, tes chiennes, moi je viens tout seul ! J’en veux Djo, sur mes morts j’en veux !" Le tout au rythme des ondulations d’une corde à linge, en toile de fond...


Rapidement, une 2ème vidéo suit : David y brise son isolement, puisqu’il apparaît entouré de quelques compagnons, eux aussi torse nu. Et armés.


Jusqu’ici, la désormais célèbre rixe, comme un mauvais soap, nous a laissés sur ce cliffhanger. Si ce n’est que les Lopez de Châteauroux (36), qui n’ont rien à voir avec la choucroute - leur patronyme mis à part - ont eux aussi posté une vidéo où ils reprochent aux Lopez du 58 et du 63 de "ne pas être des hommes", mais des "pédés qui se battent par vidéos". Plus adeptes de la "castagne nette" (ou de la castagnette, leur diction n’aide pas) que de la cohérence, ils font évidemment cela... en vidéo.


Les internautes, qui se roulent dans l’urine en comptant les points, attendent la suite. La gendarmerie, elle, se prépare.