Magazine Samedi 12 juillet, branle-bas de combat dans toutes les chaumières françaises: on entasse les valises, on revérifie la trousse à médicaments (surtout les Motilium et autres sauveurs d'estomac, mis à mal quand la ceinture vous serre l'abdomen, que la clim' ne fonctionne plus et que les routes sinueuses que vous empruntez vous rappellent vos plus mauvais lendemains de réveillon), le nombre de caleçons propres des enfants, la charge du GPS...

Les vacances démarrent et les routes françaises, payantes mais non-éclairées, s'apprêtent à être piétinées par les pneus de millions de vacanciers gris, moroses, pressés de reprendre des couleurs grâce à quelque rayon de soleil, peu importe où il se trouve.

"The sooner the better", comme disent les Anglais? Pied au plancher, plus vite arrivé?

À l'entame des grandes vacances, la sécurité française lance une campagne de prévention axée sur la vitesse. "Trop vite, trop tard", tient en 50 secondes et vise à vous sensibiliser avec une scénette dramatique: à un carrefour, deux voitures s'apprêtent à entrer en collision. Le temps semble s'être figé, mais les habitants des véhicules eux, assistent de l'extérieur à la scène, comme le serait un fantôme qui revoit sa propre mort.

Le conducteur, jeune père, et la mère tentent de rassurer leur petite fille en lui assurant que "papa va freiner très fort". Un mensonge de plus aux enfants: l'impact est inévitable. Le rideau tombe, et l'on découvre, police jaune sur fond noir, qu "'on ne regrette de rouler trop vite que lorsqu'il est trop tard."

La communication est efficace, directe et suffisamment interpellante que pour rester coincée dans quelque recoin de la mémoire. On pourrait applaudir la sécurité routière française des deux mains (si tant est que l'on ne les a pas sur le volant) mais: le clip est une resucée d'une campagne de sensibilisation à la vitesse... en Nouvelle-Zélande. Concept, mise en scène, réalisation: on peut ouvertement parler de plagiat. Jugez plutôt:


Ici, la campagne française:


Et là, la campagne néo-zélandaise:


Jean-Robert Lopez, délégué interministériel à la sécurité routière, explique au Figaro que "c'est une campagne qui a bien marché en Nouvelle-Zélande, qui a eu un gros retentissement". Et de légitimer en une phrase, au nom de l'efficacité d'une campagne, un plagiat.