La jeune femme de Waremme a appris à coudre il y a quelques semaines, depuis elle n'arrête plus, sa façon à elle de montrer sa solidarité.

De plus en plus de couturières et d'apprenties couturières passent leur journée à fabriquer des masques. Au début c'était pour leur famille, puis leurs amis, puis les amis des amis et aujourd'hui, c'est pour des inconnus qui veulent pouvoir être protégés et se sentent démunis. C'est le cas de Lauranne Piron, une habitante de Waremme qui a désormais 200 commandes de masques à honorer !

Educatrice spécialisée à l'Institut Technique Saint Joseph de Welkenraedt, avec un diplôme d'aide-soignante, la jeune femme n'a pas réfléchi longtemps avant de s'engager dans la solidarité et la lutte contre ce virus.

A la mi-mars, elle décide donc de faire des masques à la main " pour l'équipe de gériatrie de mon compagnon. Il travaille au CHC Waremme ", vu le manque de matériel évident à l'époque. Pas couturière pour un sou, elle apprend "il y a quelques semaines grâce à des vidéos sur internet. J'avais reçu une machine à coudre il y a des années mais ne l'avais jamais utilisée. Quand je l'ai déballée, elle était défectueuse ! Heureusement, l'école dans laquelle je travaille m'a prêté une machine pour que je puisse poursuivre mon initiative juste avant les congés ", explique Lauranne.

Les rubans sont rares

Et la jeune femme solidaire coud et coud toujours plus : "J'ai cousu et offert des masques via le Lion's pour l'Association "Accueillez nous" de Liège. Cela m a permis de me faire la main pour commencer". Au début, elle les donnait et aujourd'hui, elle les vend 2€ pour pouvoir se fournir en matériel sans trop dépenser de sa poche...

Les commandes affluent, à tel point qu'en manque de tissu, elle poste un avis sur Facebook. "Une vieille dame a de suite répondu positivement, ma famille aussi ! Et petit à petit, je rends ce service tant aux privés qu'aux commerçants. Une dame, bénévole pour une maison accueillant des personnes porteuses de handicap, m'en a demandé également", poursuit la couturière en herbe. Elle continue à en faire aussi pour les collègues de son compagnon, "mais pour leur vie privée et au cas où, s'ils venaient à manquer de nouveau de matériel".

Le Fab's à Waremme l'a également aidée à avoir des rubans et autres tissus. Car "les rubans et cordons sont difficiles à trouver aujourd'hui... Surtout qu'il faut en laisser pour les autres. Or pour un masque j ai besoin de 1,60m de cordon..."

Lauranne se donne sans compter, elle travaille sur les tissus "facilement 14h par jour". Des jours durant, elle a travaillé de 7h30 à 1h du matin "Mais j étais épuisée... Hier, c'est le premier soir où je me suis relâchée à 23h et j'ai dormi jusque 10h !", rigole-t-elle, requinquée et prête à piquer de plus belle car elle y trouve "de belles rencontres et beaucoup de soutien". La jeune couturière ne les envoie pas par contre, trop de gestion, elle préfère faire un planning pour que les personnes viennent les chercher "Comme ça, je couds la semaine et je distribue le weekend".

La jeune femme fêtera ses 26 ans le 16 mai... et on parie qu'elle ne pourra pas s'empêcher de passer quelques heures de son anniversaire devant sa machine à coudre !

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