Ce week-end, à Monaco, des influenceurs du monde entier se sont donné rendez-vous  pour la deuxième édition des "Influencer Awards", organisés par la Belge Lolita Abraham. 

Et c’est aussi un Belge qui a gagné le prix  de "L'influenceur de l'année" ce dimanche soir puisqu’il s’agit de Jonathan Kubben. Il a aussi gagné un prix pour la catégorie "Green" pour son projet de construction d'une école au Mexique faite avec du plastique. "Je n'ai pas de mot... Influenceur de l'année, vu les personnes présentes dans la salle (les autres influenceurs, NDLR), c'est hallucinant. Je remercie tous ceux qui m'ont inspiré et ceux qui m'ont soutenu" nous dit-il, presque les larmes aux yeux, lors de la remise du prix le plus attendu de la soirée.

Pour rappel, c’est lui qui est à l’origine du "Mom I’m Fine", la pancarte virale qui avait tourné sur les réseaux sociaux et devenue une marque de vêtement à part entière. Il avait d’ailleurs fait parler de lui après avoir gagné un procès contre l’entreprise canadienne Reitmans, qui avait utilisé son slogan sans autorisation.

Selfies pour la bonne cause

Créés l’année dernière, les Influencer Awards ont pour but de montrer l’importance qu’ont les influenceurs dans le monde. Pour ceux qui l’ignoreraient, les influenceurs sont ces personnes suivies par des milliers voire des millions de personnes sur les réseaux sociaux, en particulier Instagram, et qui peuvent donc influencer leurs "publics" respectifs. "Leur nombre de vues et de followers cumulés font qu’ils ont une caisse de résonance exceptionnelle. Plus que la Coupe du Monde de football", s’amuse à dire Lolita Abraham. D’où l’intérêt que de nombreuses marques voient en ces personnes - professionnelles du selfie et autoentrepreneurs - puisqu’elles servent de relais exceptionnel et direct avec les gens. 

"Pourquoi payer très cher des publicités dans les médias ou sur des affiches alors que les influenceurs permettent de toucher un public large... En plus on peut analyser plus facilement qui a vu la publicité", nous dit Jeetendr Sehdev, l'auteur du livre "The Kim Kardashian Effect", sorte d'essai sur le rôle des influenceurs et les "règles" à respecter pour rester "authentique" tout en étant rentable.

Ce sont donc ces influenceurs que Lolita Abraham a réunis pour tisser des liens entre eux et pour les mettre sur le devant de la scène. Car s’ils sont suivis par des millions de gens, surtout par la jeune génération, peu d’entre eux sont réellement connus du grand public. "L’objectif est qu’ils passent un très bon moment mais aussi qu’ils se rencontrent et qu’ils collaborent", précise-t-elle.

Et le bling-bling ?

Il ne faut pas se mentir, la cérémonie à Monaco est un événement mondain, dans un cadre luxueux et qui ne se cache pas. On peut avoir des convictions et de l’argent. Autant faire en sorte qu’il soit utile. L’apparence, le style, le côté bling-bling est assumé et revendiqué, tant que ça peut aider. Par contre, peu d'influenceurs présents n'osent parler ouvertement d'argent. Un influenceur de 20 ans, qui cumule plusieurs centaines de milliers d'abonnés, nous dit pour sa part qu'il peut gagner jusqu'à 6000 euros pour une photo postée où il se fait "ambassadeur" d'une marque. Mais les revenus varient beaucoup. "Je n'ai pas de carte tarifaire, ça dépend de la marque. Il n'y a pas que le nombre d'abonnés qui compte pour calculer le prix", nous dit-il.

Pour Lolita Abraham, le mot d'ordre est de donner une impulsion positive à cette influence. Donner un sens, d'où la volonté de récompenser un influenceur actif pour l'environnement et l'humanitaire et pas seulement quelqu'un qui cumule des vues. Le nombre d'abonnés n'est pas l'unique critère pour la remise des prix, qui ont été décernés dans quatorze catégories d'ailleurs, du divertissement à la beauté en passant par l'environnement.

"Je veux que les influenceurs se rendent compte que, grâce à leur communauté, ils peuvent aller très loin et que tous ensemble, on peut aller encore plus loin", nous dit d'ailleurs Lolita Abraham, assez fière que cette deuxième édition ait attiré autant de monde, dont certaines personnalités comme José Garcia, Slimane et Vitaa. Reste à voir comment les influenceurs vont concrétiser, ou non, la volonté de l'organisatrice. 

Les influenceurs nominés - pour la plupart inconnus du grand public - face aux invités et journalistes présents ce dimanche soir.
Les influenceurs nominés - pour la plupart inconnus du grand public - face aux invités et journalistes présents ce dimanche soir. © Antonin Marsac