La Région flamande adressera une lettre à toutes les personnes qui mettent une chambre à disposition des touristes, via des sites tels que couchsurfing.org et airbnb.com, afin de leur rappeler leurs obligations, a rapporté vendredi Het Gazet Van Antwerpen. Elles risquent une amende de 250 euros si elles n'y donnent pas suite. Couchsurfing et Airbnb permettent, de façon gratuite pour le premier ou rémunérée pour le second, d'offrir une chambre à un visiteur. Ils ont connu une forte croissance ces dernières années, au point d'indisposer le secteur hôtelier et d'amener les pouvoirs publics à réagir dans plusieurs pays.(Voir notre article à ce sujet)

Les autorités touristiques flamandes entendent rappeler qu'il est obligatoire de s'inscrire auprès d'elles et de respecter un certain nombre de normes (signalisation d'évacuation, extincteur, etc.). Les loueurs recevront une lettre, ainsi qu'un délai pour se mettre en règle, sous peine de se voir infliger une amende.

Cette initiative intervient en pleine polémique autour d'Uber, une application mettant en contact, de façon similaire, des automobilistes avec des passagers et dont un tribunal bruxellois a ordonné la cessation des activités. La commissaire européenne à l'Agenda numérique Neelie Kroes a vivement condamné cette décision et mène une campagne pour lever cette interdiction, au grand dam de la ministre bruxelloise Brigitte Grouwels. Celle-ci insiste sur la concurrence déloyale vis-à-vis des taxis.

Mme Kroes semble également s'intéresser au logement partagé. Interrogée sur Twitter vendredi, elle dit vouloir en savoir davantage.

Le ministre flamand du tourisme, Geert Bourgeois, s'est empressé de souligner, sur le réseau social, que les deux dossiers étaient distincts. "Pour la location commerciale de deux chambres maximum, une notification suffit. Il n'est pas nécessaire d'obtenir une autorisation", souligne-t-il. Les règles en matière d'incendie visent à assurer la sécurité, mais aussi une concurrence équitable avec le secteur hôtelier, précise-t-il.

En Région bruxelloise, le parlement régional doit voter la semaine prochaine une ordonnance, déjà approuvée unanimement en commission, qui clarifie la réglementation du secteur hôtelier, des appart'hôtels et des chambres d'hôtes. Le texte introduit une obligation d'agrément pour ces dernières, y compris les chambres offerts sur Airbnb, auprès du ministère régional de l'Economie.

Jusqu'à présent, avant que cette compétence ne soit contestée par la Cour constitutionnelle, c'était la Cocof, qui gérait les chambres d'hôtes. Une procédure d'agrément sur base volontaire était prévue. Elle rencontrait un certain succès, car elle donnait accès à certaines subventions. L'agrément sera bientôt régional, et obligatoire pour toutes les offres payantes.

Sur le plan fiscal, outre l'impôt fédéral sur le revenu, certaines chambres d'hôtes doivent s'acquitter d'un impôt communal dans un nombre limité de communes. Il est prévu toutefois que cette taxation locale soit régionalisée dans les prochaines années. Au cabinet du secrétaire d'Etat bruxellois au logement, Christos Doulkeridis (Ecolo), on estime que les petites locations devraient être complètement exonérées.