Quand Angela Merkel fait la une des journaux espagnols, nos confrères ibères parlent de "la cancillera". Une féminisation du terme "el canciller" qui n'a pas franchi les portes de la très sérieuse Académie espagnole. Dans son dictionnaire, l'Académie définit toujours la "cancillera" comme "un fossé de drainage au bord de terres arables". Madame Merkel appréciera.

Parcourues par nos confrères d'El País, les pages du fameux dictionnaire de l'Académie espagnole, censé représenter la langue castillane, regorgent de relents machistes. La mère est ainsi définie comme "femme mariée ou veuve, maitresse de sa maison", et l'adjectif "féminin" est synonyme de "faible".

Le tableau est bien plus reluisant pour ces messieurs, l'homme étant présenté comme "un individu doté de qualités considérées comme viriles par excellence, telles le courage ou la fermeté." Pas question pour l'hombre de se mêler des tâches ménagères de l'autre côté des Pyrénées, sous peine de répondre trop parfaitement à la définition de "Cocinilla: homme qui se mêle de choses, notamment domestiques, qui ne sont pas ses affaires."

Heureusement pour la cause féministe et l'égalité des sexes, ces définitions rétrogrades appartiendront bientôt au passé. Une actualisation des définitions est en cours, et devrait voir le jour en octobre 2014. D'ici là, "Jouir"  signifiera toujours "Connaitre une femme charnellement" (et tant pis pour les dames hétérosexuelles, l'orgasme ce n'est pas pour elles) et les orphelins resteront des enfants "dont le père, la mère ou les deux sont morts. Spécialement le père."