Aucune plage n'échappe à la règle. Même à Saint-Tropez, haut lieu quasi historique du topless estival, le monokini n'a plus la cote. Une cinquantaine d'années après son apparition sur les bords de mer, l'âge d'or de la poitrine livrée au soleil et aux regards est bel et bien révolu. Même l'apparition sans le haut de Kate Middleton herself à la fin de l'été dernier n'a pas suffi à relancer le topless.

Comment expliquer ce déclin qui chagrine autant les amateurs de bronzage uniforme que les yeux en cruel manque de rinçage? Le Standaard, à partir d'une enquête initiale de nos voisins néerlandais du Volkskrant, s'est posé la question.

Les sexologues d'Outre-Moerdijk ont des avis bien différents sur la question. Goedele Liekens pointe du doigt une autre mode, celle de la chirurgie plastique: "Peut-être les femmes ont-elles peur qu'on voie leurs agrafes et leurs coutures." Oui, enfin, la chirurgie esthétique a fait des progrès quand même, les gros fils et les agrafes sous le sein sont plutôt rares...

Pour son confrère Yuri Ohlrichs, c'est plutôt la faute à Photoshop. L'argument est connu, mais loin d'être dénué de sens: les images - allègrement retouchées - de femmes aux formes cartoonesques dans les médias effrayent la gent féminine, qui n'ose pas révéler sa plastique sur des plages noires de monde, craignant de souffrir de la comparaison avec ces références sur papier glacé.


Cachez ce sein que je voudrais voir

Sans doute peu satisfait par les arguments insuffisants donnés par nos voisins du nord, le Morgen Magazine a posé la question à Herman Konings, grand spécialiste de l'évolution de la mode de l'autre côté de la frontière linguistique. Lequel donne deux explications: tout d'abord, une réaction d'opposition typique de la nouvelle génération face aux us et coutumes des  babyboomers d'hier, devenus leurs parents. Comme la mode était au topless sans vergogne, leurs enfants s'y opposent, et préfèrent trancher avec le comportement libertin de leurs ainés, "ces vieux ringards", en en revenant au bon vieux bikini.

Et puis, surtout, le bikini a un autre avantage: "Le bikini rend le corps plus beau. Et surtout, couvrir c'est exciter, laisser libre cours à l'imagination. C'est très différent du What you see is what you get ("Ce que tu vois est à toi", en VF) de la génération précédente." 


Une question de bronzage

Mais dans cet ordre d'idée, où il faut en montrer le plus possible en cachant toujours l'essentiel, la mode a su tirer son épingle du jeu. Ainsi, sur les plages de la Mer du Nord et d'ailleurs, il est de plus en plus fréquent de voir des maillots avec les côtés découpés pour laisser apercevoir des hanches fines, voire des maillots proposant un décolleté jusqu'au nombil. Parce que oui, avant c'était juste une expression pour désigner un décolleté un peu trop pigeonnant, mais maintenant ça existe pour du vrai.

Des alternatives soft au monokini qui passent finalement à côté de l'avantage essentiel d'une belle après-midi ensoleillée où l'on tombe le haut: l'uniformité du bronzage. Pour cela, il n'y a qu'une séance de banc solaire à l'abri des regards qui peut lutter contre le topless.