Les dreadlocks, aussi appelées rastas, sont très à la mode pour l'instant en Afrique du Sud. Pour obtenir cette coiffure atypique, la recette est simple: laisser pousser ses cheveux sans jamais les démêler. Le problème, c'est que ça prend du temps. Si longtemps, que certains sont prêts à tout pour éviter d'attendre, y compris voler les cheveux des autre, comme le rapporte la BBC.

Jack Maseko en a fait les frais. Ce Zimbabwéen a été récemment attaqué par trois hommes en Afrique du Sud. En plus de lui prendre son téléphone portable, ils lui ont également coupé ses dreadlocks. "Ils avaient un couteau et ils ont coupé mes cheveux avec des ciseaux. C'est encore douloureux pour moi quand je repense à cette nuit", a-t-il déclaré à la BBC.

"Je voyais souvent des gens vendre des dreadlocks dans les rues et je ne savais pas d'où elles venaient", ajoute-t-il.

Les voleurs sont très rapides. Ils arrivent armés d'un couteau ou d'un quelconque objet tranchant, coupent et ensuite s'enfuient. En Afrique du Sud, cette méthode est d'ores et déjà appelée "cut and run".

« Les victimes n'osent pas se rendre à la police »

Ces mèches de cheveux se vendent au marché noir. On parle actuellement de "gangs" actifs à Johannesburg. Mais la pratique s'est étendue jusqu'à la ville côtière de Durban. Les dreadlocks volées sont ensuite revendues aux coiffeurs locaux peu scrupuleux.

Le 100% naturel fait fureur et se vend à prix d'or. Pour des dreadlocks qui arrivent aux épaules, les prix varient entre 23 dollars et 80 dollars. Les plus longues coûtent jusque 230 dollars.

Certains coiffeurs s'y sont opposés tout de même. C'est le cas de Jabu Stone, le « gourou » de la coiffure en Afrique du Sud: "Ma politique est simple: si vous voulez me vendre vos cheveux, vous devez me donner une photographie de vous-même avec les dreadlocks pour prouver que c'étaient les vôtres ou vous venez dans un de mes salons et nous vous les coupons nous-mêmes". Jabu Stone tente également d'encourager les autres salons de coiffure à être plus stricts.

Mais un autre problème est que les victimes n'osent pas se rendre à la police. Jack Maseko explique: "Je ne suis pas allé à la police parce que j'ai pensé qu'ils ne pourraient rien faire pour ça. Je ne crois pas que la police suivra un cas de 'perte de cheveux'".

La police, quant à elle, déclare avoir entendu parler de cette histoire mais n'a pour l'instant reçu aucune plainte à ce sujet.