A Paris, les hommes sont responsables des 3/4 des accidents de la route en 2012, a annoncé mercredi la préfecture de police de Paris. Selon les statistiques, 1.542 femmes sont "présumées responsables" des 6.329 accidents recensés l'an dernier dans la capitale française, soit un 1/4 d'entre eux. "Si les hommes conduisaient comme les femmes, il y aurait donc moins de victimes sur nos routes", en déduit la préfecture parisienne.

Quant aux causes de ces accidents, l'étude met aussi en lumière de grandes disparités. Ainsi, à Paris, que ce soit la vitesse (72% contre 28%), l'alcool, (89% contre 11%) et les stupéfiants (91% contre 9%), les hommes sont largement devant leurs homologues du sexe dit faible. Une enquête réalisée par Ipsos, publiée vendredi, a révélé que les femmes avaient "un meilleur comportement que les hommes" au volant, dans de nombreux domaines: utilisation du téléphone, alcool, vitesse, gestion de la fatigue, plus inquiètes, plus conscientes du danger...

Et chez nous?

En Belgique, les chiffres sont à peu de choses près similaires et les tendances comparables, si l'on en croit les dires de Benoit Godart de l'Institut Belge pour la Sécurité Routière. "En ce qui concerne les accidents corporels sur les routes belges, 65% des conducteurs concernés sont des hommes. En outre, à peine 19% de femmes sont impliquées dans des carambolages mortels", confirmait, à LaLibre.be, le porte-parole de l'IBSR, en cette Journée de la Femme.

Chez les jeunes également, le constat est le même, voire plus marqué encore, avec 4X plus d'hommes que de femmes responsables d'accidents de roulage entre 18 et 24 ans. "Les jeunes hommes sont aussi plus influençables en matière de comportements à risque. Une influence qui se révèle négative en présence des copains mais souvent positive sitôt que la petite copine est présente dans le véhicule."

Une marque de boisson houblonnée bien connue sous nos latitudes ne croyait sans doute pas si bien dire lorsqu'elle affirmait que les hommes savent pourquoi... Car, en effet, l'alcool au volant demeure avant tout une affaire masculine. Toujours selon l'IBSR, on constate chez nous que "2,5X plus d'hommes roulent en état d'ivresse que ces dames. Et il en va de même pour les produits stupéfiants..."

Mais n'y a-t-il pas davantage d'hommes au sein du parc automobile? Ce qui pourrait par conséquent biaiser les chiffres, non? "Si, en effet, et cela joue un peu", concède Benoit Godart. "Certes, les femmes participent moins au trafic que les hommes. Cela s'explique notamment par la proportion actifs/non-actifs. Elles sont surtout présentes en milieu urbain et parcourent donc des distances plus courtes, à une vitesse moins élevée. Pour autant, ces différences ont tendance à s'estomper au fil des années et sont de moins en moins d'actualité."

Enfin, pour être totalement impartial et exhaustif, notons encore que les femmes craignent bien plus l'accident que les hommes – plus insouciants – et que les chiffres d'accidents au féminin augmentent si l'on se focalise sur certaines manœuvres, comme le créneau nécessaire pour se garer. "Mais, en règle générale, ces messieurs prennent plus de risques, affectionnent davantage la vitesse et ont tendance à relativiser leurs fautes", conclut encore le porte-parole de l'IBSR. Au diable donc l'adage "Femme au volant, mort au tournant", aujourd'hui les reines de la route se déplacent sur hauts talons.