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La génération de 25 à 34 ans éprouve bien des difficultés à financer son logement. Près d'un tiers des personnes interrogées a besoin d’un budget de plus de 250 000 €, mais une sur cinq ne parvient pas à trouver une banque disposée à lui prêter le montant nécessaire.

La frilosité des banques et un capital de départ insuffisant n'arrangent évidemment rien. Pourtant, beaucoup de jeunes continuent à rêver de leur propre habitation. C'est pourquoi ils recherchent souvent des sources d'emprunt alternatives et remboursent à un horizon de 25 ou 30 ans.

C'est ce qui ressort d'une étude que Maisons Blavier*, en collaboration avec le bureau d'études indépendant i-Vox, a effectué en novembre 2014 auprès de 600 Belges, répartis comme suit en quatre catégories : 22 % âgés de 20-24 ans, 33 % âgés de 25-34 ans, 27 % âgés de 35-44 ans et 18 % âgés de 45 à 55 ans. L'entreprise voulait notamment évaluer les difficultés financières que les candidats rencontrent à l'acquisition ou la construction d'un logement.

Malgré l'ampleur de l'investissement et la difficulté à le réaliser, la jeune génération rêve toujours de devenir propriétaire. D'après l'enquête, un jeune sur 10 de 25 à 34 ans caresse ce projet dans les cinq années à venir, 20 % souhaitent acheter une maison habitable et 43 % rénover un logement existant.

Budget trop important, capital de départ insuffisant
Selon l'enquête, près de trois quarts des jeunes de 24 à 35 ans interrogés dans le cadre de cette étude disposent de moins de 250 000 € affectés à la construction ou à l'achat d'une maison. "

En outre, seul un répondant sur trois disposerait d’un capital de départ de plus de 50 000 €. Or, il s’agit de la somme minimale que les banques demandent comme capital de départ.

C'est pourquoi 48 % des répondants de 25 à 34 ans sont obligés d'emprunter entre deux tiers et la totalité du montant nécessaire. Cependant, les conditions plus sévères imposées par les banques ne facilitent pas la conclusion d'un emprunt hypothécaire.

Ce phénomène ne concerne d'ailleurs pas uniquement la jeune génération. D'après l'étude de Maisons Blavier, un ménage sur trois ayant des projets d'achat ou de construction éprouverait des difficultés à conclure un emprunt et un sur cinq essuierait un "niet" des institutions bancaires.

Pour réaliser leur rêve, certains sont alors obligés d'échelonner le remboursement. 28 % des personnes qui envisagent d'acheter ou de bâtir dans les cinq ans comptent rembourser l'emprunt en 25 ans – voire 30 ans pour un quart des répondants de 24 à 35 ans.

Aide financière des parents, maison plus petite ou bâtir plus soi-même
Pour rassembler le montant nécessaire, beaucoup recherchent des sources de financement extérieures au monde bancaire. D'après l'enquête, un quart des répondants ayant des projets se tournent vers la famille (même un sur trois pour la génération de 24 à 35 ans).

En raison des restrictions financières, certains candidats propriétaires sont obligés d'adapter leur projet à la réalité financière. Ainsi, près d'un tiers des 25 à 34 ans se résignent à acheter ou à bâtir une maison plus petite que prévu ; pour réaliser des économies, 43 % exécutent eux-mêmes une partie des travaux et 21 % la totalité des travaux. Néanmoins, cette tendance s’affiche également auprès des générations antérieures.


* Maisons Blavier a été fondé en 1994 et repris en 2007 par un groupe piloté par l'administrateur délégué Louis Amory. En 20 ans, elle en est devenue la plus grande entreprise belge et délivre en moyenne deux habitations neuves par jour.