C’est à une jeune photographe et vidéaste de 19 ans que la maison Cacharel a confié sa campagne

Elle a 19 ans, de grands yeux de biche où ne s’est posée qu’un peu de poudre (de lune ?), une petite bouche rose et gourmande et la tignasse désordonnée d’une ado qui viendrait de tomber de son lit. Pourtant, à l’heure où on la rencontre (en tout début d’après-midi), Olivia Bee a déjà bien travaillé. Elle a enchaîné les interviews avec des journalistes et des blogueuses venues du monde entier, s’est fait photographier avec la moitié d’entre elles, répondu aux questions les plus saugrenues (ce qui ne fait que rajouter à son mérite !) et s’apprête à remettre ça quelques heures plus tard, à l’occasion du petit pince-fesses organisé autour de l’exposition mettant en scène ses travaux et ceux de (très) jeunes artistes de sa génération. Tout ça dans le cadre du lancement d’ Anaïs Anaïs, premier délice, le nouveau jus de Cacharel, plus de trente-cinq ans après l’original. Le rapport ? C’est à la photographe américaine qu’a été confié tout l’aspect visuel de la campagne. Parce qu’Olivia, c’est (déjà) une signature, un style, une manière d’envisager la vie bien raccord avec les valeurs défendues par la marque française. De la gaieté, des couleurs tendres, du soleil, qu’elle a ramenés avec elle des vertes plaines de l’Oregon, qui l’ont vue naître. Et un regard sur sa génération, à mille lieues de la noirceur si souvent affichée, au cinéma notamment.

Converse, Levis, Nike et même la marque Fiat – pour la campagne américaine de la 500 – ne s’y sont pas trompés et l’ont dare-dare engagée pour mettre un peu de beauté dans tout ça…

La photo fait partie de ma vie”, sourit Olivia. “ J’ai toujours voulu en faire, même si, objectivement, au début, j’étais très mauvaise. Mais je voulais ! Aujourd’hui, c’est mon boulot. Même si je bouge peu à peu vers d’autres choses, de la vidéo, des clips”. Pour la campagne Anaïs, Olivia a eu “ envie d’inventer autre chose. De raconter l’histoire d’une initiation.” À la joie, à l’amour, à l’amitié, de ces jeunes filles en fleurs qui gambadent devant son objectif, et qu’Olivia a pris un soin méticuleux à choisir. Elles s’appellent Maureen, Anouk, Juliette, Sophie, Mathilde, Zana. Elles sont françaises, anglaise, néerlandaises… “ Mon obsession, c’est de photographier les gens que j’aime”. “ Je cherche les émotions, quelque chose qui pétille dans les yeux. Tout, dans ma vie, est une question d’impression, de ressenti.”

Du coup, quand elle vous dit “ L’important, pour moi, c’est de me sentir belle, pas d’être belle”, on la croit. Dans la bouche d’une autre, cela aurait ressemblé à une phrase toute faite. Chez elle, c’est une petite bulle de fraîcheur qui éclate comme un baiser sur la joue. Et d’ajouter : “ Bien sûr, je me sens plus féminine quand je porte une belle robe, quand je suis entourée de fleurs”, comme si elle se sentait un peu obligée.

Mais chassez le naturel, il revient au triple galop. “ Honnêtement, je préfère L’original, d’Anaïs Anaïs, mais le nouveau est très bien aussi. Les filles aiment les parfums qui sentent un peu le bonbon, et c’est devenu une marque iconique.” Et elle, son parfum, ce serait plutôt quoi ? Là, elle botte en touche : “ Une combinaison de beaucoup choses, assez indéfinissable. Je porte en fait un mélange de trois parfums…