Rosette Van Rossem porte Pink Ribbon à bout de bras depuis des années. L'objectif de cette association : informer le public et soutenir des projets. Le tout bien ancré dans le concret.


Octobre, dédié au cancer du sein, est un mois fort en émotion. Personne n'est jamais insensible à ce sujet, d'abord parce que l'on connaît toutes et tous une personne touchée et aussi parce qu'un jour ou l'autre, les femmes se posent la question : « Et moi, si ça m'arrivait ? ». Près de 10 500 nouveaux cas par an sont diagnostiqués en Belgique.

Octobre Rose sert à faire le point sur les recherches scientifiques. Mais aussi à faire le focus sur la prévention, on insiste sur la nécessité du dépistage et on est confronté aux témoignages des patientes atteintes du cancer, de celles qui l'ont vaincu. On fait parler les maris, les enfants, les familles. « Parce qu'un cancer du sein, cela ne touche pas que les femmes mais des familles entières », assène Rosette Van Rossem qui a lancé Pink Ribbon en 2007, un projet média avec les magazines du groupe Sanoma qui est devenu par après une asbl indépendante accompagnée d'un Fonds chargé de gérer utilement l'argent venu des actions auprès du grand public et des sponsors.

Rosette Van Rossem a l'oeil pétillant et la force des convaincus que l'action paye. Ce qui au départ était un projet d'entreprise qu'elle a porté avec efficacité est devenu un combat d'une vie. « Je n'ai pas été touchée moi-même par un cancer... mais à force de rencontrer des personnes atteintes qui se battent, de voir leur courage, ce à quoi elles se confrontent, c'est devenu encore plus ancré en moi ».

Elle lance des projets de communication, des actions de fundraising auprès du grand public. Tout, tout pour continuer le combat, par la com' et la recherche. Et pour cela, il faut de l'argent.

Alors infatigablement, elle part en recherche de sponsors : Estée Lauder, Pandora Jewellery, Carrefour, Di, C&A, Omega Pharma, Edouard Vermeulen (Natan) soutiennent ainsi Pink Ribbon depuis des années.

A écouter parler ce petit bout de femme aux yeux bleus si expressifs, on se rend compte à quel point les associations de ce type font du bien à toutes les femmes et font surtout beaucoup avancer la situation des patientes atteintes du cancer.


Le cancer du sein, en chiffres ?

C'est simple, on annonce quotidiennement à 29 femmes qu'elles sont atteintes d'un cancer du sein. Cela donne 100 000 femmes par an et 100 000 familles, cercles de collègues, cercle d'amis... Et 6 femmes décèdent chaque jour d'un cancer du sein


Comment on lutte contre cela ?

Il y a la recherche fondamentale contre le cancer, bien sûr. A notre niveau, nous nous mobilisons sur trois fronts : la prévention, le dépistage et le soutien pratique aux patients.


Il y a pourtant beaucoup d'informations autour du cancer du sein...

Mais ça n'est jamais assez ! Concernant la prévention, plus d'attention pour un style de vie sain et équilibré pourrait éviter 1 cancer sur trois... Et ça n'est pas si compliqué : bouger au moins 30 minutes par jours, manger sain, éviter le surpoids, éviter ou freiner le plus possible l'alcool, bannir le tabac et les drogues. Le public doit être toujours mieux informé de ça, des pistes très concrètes doivent leur être offertes, encore et toujours.

Concernant le dépistage,lors d'un diagnostic précoce, 9 femmes sur 10 sont en vie après 5 ans et la plupart est définitivement guérie.

Quant au soutien aux personnes atteintes, on ne se rend jamais assez compte du coup de tonnerre que représente l'annonce du cancer du sein. Ces femmes sont en état de choc, leur première pensée, c'est « Je vais mourir ». Puis viennent de terribles questions sur ce que va être la vie à partir de maintenant, le traitement, la famille, leur vie intime, la perte des cheveux, le regard des autres, la vie professionnelle. On ne se rend pas compte de tout ce que cela implique et de la détresse devant ces montagnes de questions sans réponse.

Pink Ribbon est là pour dialoguer, expliquer, soutenir de manière réaliste et positive.


Vous publiez un magazine fin septembre, Pink Ribbon nourrit un site internet et active des réseaux sociaux mais surtout vous engagez vos fonds dans des projets très concrets...

Oui, c'est notre parti-pris : financer des projets très concrets qui permettent à terme d'apporter une amélioration à la qualité des soins proposés aux patientes mais aussi à leur qualité de vie en général. Et pour ce faire, Pink Ribbon est à l'écoute des médecins au contact direct avec les patientes. Nous avons déjà financé un projet pour mieux envisager les grossesses des patientes qui veulent un enfant, en 2012. En 2013, c'est « l'impact du cancer du sein sur la vie professionnelle des femmes et leur réintégration dans le monde du travail » qui a été retenu. Le projet du professeur Mairiaux a été retenu qui vise à établir un état des lieux de la situation très précis. Ce qui aidera ensuite à établir des propositions concrètes à destination du politique. Pour faire évoluer le cadre légal. C'est crucial.


Cette année, on a beaucoup entendu parler de cancer du sein et de mastectomie avec le témoignage d'Angelina Jolie.

Effectivement, et cela a posé un problème. Beaucoup de femmes qui se savent en danger, ont voulu faire un test génétique pour savoir. Si le test était négatif, évidemment, le soulagement est très grand. Mais s'il est positif, psychologiquement, c'est dévastateur : choisir l'ablation et la reconstruction, c'est très lourd comme choix et peu de professionnels sont formés pour cet accompagnement, connaissent les cons équences physiques et psychologiques. Nous avons lancé un appel à projets en 2014 sur les conséquences des traitement chirurgicaux sur le thème « Cancer du sein et risque génétique ». Ce qui permettra à terme d'avoir des informations éprouvées à destination des médecins qui pourront mieux en parler avec les patientes.


Des infos, des conseils, le point sur les avancements : www.pink-ribbon.be



Participer

- en suivant les aventures d'une dizaine d'(ex-)patientes touchées par le cancer du sein s'envoleront vers Venise pour faire de l'aviron dans la lagune avec les Pink Lioness Venezia. L'objectif de la campagne de Pink Ribbon est aussi de promouvoir ce sport en Belgique en tant qu'activité idéale pour les femmes atteintes d'un cancer du sein ou guéries.

- en achetant le petit ruban rose designé par Edouard Vermeulen, 3€ :il s'inspire du mètre-ruban du couturier, et symbolise aussi la nécessité de garder la ligne et mais aussi le contrôle, comme en détectant précocement une éventuelle maladie.

- Pour récolter des fonds, d'autres gadgets seront mis en vente comme un agenda ou des boules de Noël.

- en achetant et en lisant le magazine

- En allant au Hard Rock Cafe à Bruxelles qui reçoit la chanteuse B.J. Scott pour un concert le jeudi 24 octobre au profit de Pink Ribbon au 12a Grand Place, 1000 Bruxelles. Entrée: 30€ pour soutenir Pink Ribbon.

- en donnant au Fonds Pink Ribbon : des infos sur www.kbs-frb.be