On connaît Palm Springs, à l’Est de Los Angeles, pour ses parcours de golf de réputation internationale et lieu de retraite dorée des riches californiens. Mais saviez-vous que cette ville en plein désert est une vitrine d’architecture moderniste, refuge des stars de l’âge d’or d’Hollywood ? Dans l’intimité des stars Slim Allagui En Californie

Au sommet du téléphérique mythique de Palm Springs Aerial Tramway, à 2 600 mètres d’altitude, au milieu de montagnes majestueuses, un îlot de verdure surgit dans la vallée de Coachella, une oasis en plein désert de Mojavo : Palm Springs, un écrin verdoyant.

Je tombe sous le charme en pénétrant dans cette ville aux larges artères rectilignes, d’une propreté remarquable, bordées de villas sublimes à l’architecture d’avant-garde de l’époque, construites par des architectes de renom et qui abrita derrière ses murs les étoiles du cinéma et de la chanson.


De Sinatra à Dicaprio

Ville glamour des années 50 et 60, elle attira et attire encore la crème des stars qui y firent construire des villas de rêve, à l’abri des regards : Frank Sinatra, Elvis Presley, Marylin Monroe, Marlene Dietrich, Greta Garbo, Clark Gabel, Lawrence Olivier, Spencer Tracy, Katherine Hepburn, Judy Garland, Kirk Douglas ou encore Leonard Dicaprio. "S’il y a une maison à visiter, c’est bien Twin Palms (les palmiers jumeaux), celle de Sinatra. Ah ! Si les murs pouvaient parler, vous en sauriez de bien bonnes", me conseille John, un retraité de San Diego, en tenue de golf devant sa villa au gazon bien tondu.

Cap sur le 1148 East Alejo Road, demeure du célèbre crooner tombé amoureux lors d’une visite en 1947 de cette ville paisible; à la lumière éclatante où le soleil brille 300 jours par an.

Sa piscine, en forme de piano, saute aux yeux des visiteurs. On se prend à rêver aux soirées mémorables et endiablées qui ont eu lieu sur ses bords et des invités illustres qui s’y pressaient : John Kennedy, Richard Burton, Elizabeth Taylor, Ronald Reagan, Humphrey Bogart, Ava Gardner… Des "parties" bien arrosées, bercées par la voix de Sinatra qui y donnait des concerts nocturnes improvisés à ses hôtes.

"The Voice" adorait Twin Palms où il y trouvait inspiration et tranquillité pour travailler avec Cole Porter, Quincy Jones et Ella Fitzerald. "Mon père y était très attaché. Il s’y sentait si bien. C’était son sanctuaire", confiait sa fille Nancy. Construite par un des grands architectes modernistes américains, Stewart Williams, cette maison basse à toit plat, alliant élégance, pureté des lignes symétriques et intimité, devenue la référence de l’époque, recherchée par les autres stars de Hollywood qui en avaient copié le style.


Des bouteilles en éclats

Mais "tout ne respirait pas la quiétude" dans cette maison agitée par les désordres amoureux du crooner. "Les cris, les altercations, les bouteilles de champagne qui volent et s’écrasent sur les murs, témoignaient des amours tumultueux de Sinatra surtout avec sa deuxième femme, Ava Gardner", me confie un des visiteurs, qui assure "connaître jusqu’au bout des ongles l’histoire de Franky", son idole. "Tout n’était pas idylle entre les deux, même si vous les voyez souriants et heureux sur cette photo (accrochée au mur de sa chambre). On dit que son assistant avait trouvé un matin toute la garde-robe d’Eva Gardner jetée dans la rue après une nuit de disputes", raconte-t-il. "N’oubliez pas de voir aussi la maison d’Elvis", me conseille-t-il.

Située dans un autre quartier, au 1350 Ladera Circle, "The Honeymoon Hideaway" (cachette pour lune de miel), la villa en rose d’Elvis Presley et de sa femme Priscilla qui y vécurent en 1966-67. Avec son toit triangulaire, sa cascade très "rock and roll", son intérieur kitsch où l’on peut admirer salons et chambre à coucher de la star disparue, elle est l’une des grandes attractions incontournables de Palm Springs.


Un havre de paix, même pour les toutous

Même les chiens sont heureux dans Palm Springs. Ils ont leur propre parc, un des lieux les plus courus de la ville et l’un des rares au monde destiné entièrement à la race canine.

Charles, septuagénaire à la retraite, y vient tous les jours. "Et pourtant je n’ai pas de toutou, mais j’adore cet endroit magique. C’est comme voir un film de Disney avec ces bêtes de toutes les formes, les couleurs, les tailles, qui gambadent, s’amusent en toute liberté. Et puis je papote avec les autres. Je me suis fait des amis qui m’ont proposé de faire du "baby sitting ou, si vous préférez, du dog sitting" pour leurs chiens lorsqu’ils sont en voyage", me dit-il.

Sur l’herbe soigneusement tondue comme dans un terrain de golf, Chador, Chico, Safi, Killer ou Bullet, jouent ensemble devant le regard attendri de leurs maîtres. On se croirait dans une aire de jeux pour enfants. "Yes, ce sont nos enfants qui remplacent les nôtres qui sont bien loin", clame en chœur le couple Andersen, qui a choisi Palm Springs pour sa retraite. Caressant son teckel, Marylin avoue qu’elle "ne peut pas avoir d’enfants. Taki est mon compagnon fidèle qui me procure beaucoup de joie et me permet de faire des connaissances. Je coule des jours heureux dans cette ville si tranquille et rassurante."

Un havre de paix en plein désert, qui attire les touristes sur les traces des vedettes de l’âge d’or d’Hollywood.


Palm Springs par 3

Y aller. A 180 km à l’Est de Los Angeles, facilement accessible par autoroute de la "Cité des Anges", Palm Springs se découvre à pied, du moins dans son centre articulé autour de deux artères principales où s’y côtoient bars, restaurants, boutiques vintage et galeries d’art. La meilleure saison s’étale de décembre à avril où le climat est doux.

A découvrir. Les environs, les terres ancestrales indiennes Cahullas, méritent le détour avec leurs canyons aux sources chaudes, à la couleur pourpre. Dépaysement garanti. A 15 mn de voiture de Palm Springs, des randonnées superbes au milieu des palmiers, des cactus et des cours d’eau comme à Indian Canyons.

A visiter. A dix minutes du centre-ville, le "Palm Springs Air Museum", situé près de l’aéroport, renferme l’une des plus grandes collections mondiales d’avions de la Seconde guerre mondiale comme les Spritfire, Mustang, B-17 Fortress, en état impeccable. Pour les passionnés d’aéronautique et d’histoire.