Le virus peut se propager à plus de deux mètres en quelques secondes lors d'une longue conversation sans masque. Ce qui est plus risqué que la toux dans un espace mal ventilé, indique une nouvelle étude britannique.

Cela fait près d'un an que le Sars-Cov-2, le virus responsable du Covid est présent dans nos vie belges. Et qu'il continue d'interroger les chercheurs tant les études apportent des conclusions qui viennent parfois bousculer les précédentes. Ainsi de la propagation du virus dans les lieux clos. Une recherche britannique toute récente publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society a mis en évidence le fait que dans les espaces mal ventilés, le virus peut se propager à plus de deux mètres en quelques secondes et ce, davantage encore lors d'une conversation longue sans port du masque que par la toux.

Afin que le grand public puisse mieux comprendre comment le virus se propage en intérieur, l'équipe de l'Université de Cambridge avec l'aide des chercheurs de l'Imperial College London, a mis au point la web application Airborne.cam, disponible en ligne gratuitement (en anglais). "L'utilisateur peut voir comment le risque d'infection diminue ou augmente en utilisant des masques faciaux, en améliorant la ventilation", note le site.

On savait depuis décembre et l'étude ComCor de l'institut Pasteur en France que, de toutes les circonstances analysées, les réunions privées sont celles à qui la plus grande part des infections pouvait être attribuée pendant la période d’étude. 

Mais pourquoi est-ce la parole plutôt que la toux qui est plus susceptible de propager le virus ? En parlant, des gouttelettes ou aérosols sont expirées qui se propagent dans la pièce et s'accumulent en cas de mauvaise ventilation. 

A l'inverse, la toux expulse des gouttelettes plus grosses, qui sont plus susceptibles de descendre et de se déposer sur les surfaces après leur émission. Il suffit de quelques secondes pour que les aérosols s'étalent sur deux mètres et si les masques ne sont pas portés. Conséquence : la distance physique imposée depuis des mois est insuffisante pendant de longues périodes d'exposition. "Lorsque des masques de tous types sont portés, ils ralentissent l'élan de la respiration et filtrent une partie des gouttelettes expirées, réduisant à leur tour la quantité de virus dans les aérosols qui peuvent se propager dans l'espace", tempèrent les chercheurs.

"L'outil peut aider les gens à faire de meilleurs choix et adapter leurs activités quotidiennes et leur environnement afin de supprimer les risques, à la fois pour eux-mêmes et pour les autres », concluent les concepteurs de la web application.