Il y quelques jours, LaLibre.be évoquait le combat de Greenpeace contre la firme Lego qui a conclu un partenariat avec le géant du pétrole Shell (lire notre article en cliquant ici). Mais ce n'est pas la première fois que la célèbre brique en plastique est impliquée dans un potentiel désastre environnemental. En 1997, l'entreprise danoise était à l'origine, certes indirectement et involontairement, d'une pollution sans précédent.

Les faits remontent au 13 février 1997, comme le rappelle la BBC sur son site internet. Ce jour-là, une tempête d'une rare intensité frappe les côtes de Cornouailles (sud-ouest de la Grande-Bretagne). Au large, un porte-conteneur, le Tokyo Express, est en difficulté. Le navire vacille d'un bord, puis de l'autre... D'un coup, pas moins de 62 containers passent par dessus bord. Parmi la marchandise tombée à la mer, environ 4,8 millions de pièces de Lego qui devaient en principe alimenter le marché américain.

Ironie du sort, la plupart de ces pièces étaient en rapport avec le thème de la mer: gilets de sauvetage, harpons, pieuvres en plastique... Au fil des années, ces précieux trésors, véritable constellation de minuscules particules, font l'objet d'une chasse effrénée de la part des habitants du littoral. Une page Facebook intitulée "Lego lost at sea" ("Lego perdus en mer"), répertorie même les plus belles prises. Parmi celles-ci des dragons et des pieuvres, qui font partie des objets les plus rares et se trouvent parfois dans un état de décomposition avancée. "Seules trois pieuvres ont été retrouvées, dont une par moi-même", témoigne ainsi Tracey Williams, la gestionnaire de la page Facebook interrogée par la BBC.

Selon la BBC, la cargaison comptait 13.000 harpons (rouges et jaunes), 4.200 pieuvres, 26.600 gilets de sauvetage, 33.941 dragons (noirs et verts), mais aussi 353.264 marguerites... Et ce n'est qu'une infime partie des quelque 3 millions de pièces suffisamment légères pour flotter à la surface avant de s'échouer sur les plages.


Jusqu'en Australie?

Certains éléments pourraient même avoir parcouru des milliers de kilomètres. Une internaute australienne raconte ainsi, photo à l'appui, qu'elle a trouvé une petite palme en plastique. L'objet pourrait provenir du lot échoué sur le littoral britannique, même si un doute persiste quant au numéro de série. Il n'empêche, l'hypothèse est jugée probable par Curtis Ebbesmeyer, un océanographe américain interrogé par la BBC. Selon lui, au gré des courants, la marchandise pourrait se retrouver aujourd'hui “sur n’importe quelle plage de la Terre“.


En attendant, cette gigantesque pollution menace l'écosystème local. Car les Lego peuvent être facilement ingérés par les oiseaux et les poissons. Et ce ne sont pas les fans des petites briques, qui consacrent leur temps libre à cette chasse aux "coquillages" d'un nouveau genre, qui y changeront quelque chose.