Mis à toutes les sauces depuis quelque temps, le coaching est-il un phénomène de société, une mode ou la réponse à un réel besoin  ?

Coach de vie, en relooking, nutrition, séduction; coach scolaire, sportif, en rangement et organisation, en prise de parole en public…, ils se déclinent sur tous les tons, depuis un certain temps déjà. Toujours prêts à nous prendre par la main pour nous guider, nous accompagner, nous aider à franchir les obstacles. Dans notre vie personnelle ou professionnelle.

Coach : un terme galvaudé, voire tronqué  ? Une mode ou un phénomène de société  ? D’une société en perte de repères, où l’on se doit d’être au top partout et à tout moment. D’une société de plus en plus individualiste certainement, où les relations humaines, entre amis, collègues, en famille, n’apportent plus aujourd’hui ce que les coachs sont venus nous vendre.

Chacun a sa vision, sa définition du coach. S’agissant de l’entreprise, les uns estiment que ce n’est pas un conseiller, qu’il doit juste “faciliter le processus et aider le coaché via une prise de conscience à développer ses qualités innées.” Est-il un psychothérapeute ? Non, même s’il doit connaître le vécu de son client pour appréhender son présent, il n’est pas censé remonter le temps et guérir les blessures.

Pas plus qu’il n’est psychothérapeute ou diététicien, par exemple, le coach n’est pas un ami, mais bien un professionnel, rémunéré…

Payé pour vous faire avancer dans votre vie, le life coach devrait être avant tout focalisé sur la sérénité intérieure, la qualité de vie du coaché. Il aurait pour but de “sensibiliser le client à sa propre existence. D’avoir une meilleure conscience de ses relations, de ses tâches, de ses objectifs, de son temps, et surtout de lui-même. Nous sommes assaillis d’informations. A cet égard, le life coach pourra donner des outils d’orientation, le mode d’emploi dont nous manquons.”

Une mode oui, mais aussi un réel besoin

Le coaching est-il une mode passagère ? “Oui et non, selon Cédric, 41 ans, dirigeant, coach professionnel et consultant. “Le nom est une mode, un “no man’s land” entre le psychologue et le consultant. Ce qui n’est pas une mode, ce sont les besoins et le recours à des experts pour améliorer une situation. Ce qui est neuf au XXIe siècle, c’est d’avoir enfin compris l’importance de considérer les aspects émotionnels et intangibles, pas seulement les compétences techniques. Le coach ose prendre en charge les “soft skills”

Même constat pour Isabelle Wats, directrice de l’école de Coaching CreaCoach, “oui, le coaching est une mode, mais c’est aussi un réel besoin. Nous sommes dans un nouveau paradigme où les valeurs au travail deviennent une priorité. Malheureusement, beaucoup ne s’y retrouvent plus. En investiguant sur les valeurs qui nous portent et nos talents, nous pourrons construire un nouveau monde professionnel plus éthique et respectueux des êtres humains. Les écoles de Coaching certifiées ICF garantissent la formation de Coachs qui appliquent les onze compétences du Coaching et une déontologie du métier. C’est un métier trop précieux pour le développement personnel qu’il ne faut pas galvauder l’utilisation du mot “Coach”. On entre dans l’intimité des personnes; pour cela, il faut avoir acquis une présence, une écoute bienveillante, une structure de questionnement et une bonne gestion des émotions. Cela prend deux ou trois ans.”

La confiance du client doit se gagner

Pour Fabienne Goubille, Home&office organiser, “oui, le coaching est sans doute une mode. J’utilise d’ailleurs moi-même le terme de coach en rangement et en organisation, après avoir constaté qu’il passait mieux auprès du public que Home organiser. Je ne pense pas que le terme coach soit protégé et donc tout le monde et n’importe qui peut s’improviser coach. Au-delà du titre employé, la confiance du client potentiel doit se gagner et les retours de satisfaction se méritent au gré du savoir-faire en accompagnement, de la conscience professionnelle, du sérieux accordé et de l’atteinte des objectifs.”

“Le coaching part d’un très excellent principe utilisé depuis des millénaires : profiter de l’expérience des autres pour réussir soi-même !”, explique Patrick Vincent, un Liégeois de 48 ans, diplômé en finances, administration et comptabilité, qui a lancé en juin 2015, l’application gratuite “Mon coach minceur express”.

“Le souci est que, cette profession n’étant que très peu réglementée, elle est bien trop souvent gérée comme un “produit marketing très juteux” que tout le monde et n’importe qui peut exercer… avec le risque inhérent d’incompétences (et les problèmes afférents). Sans compter le risque de manipulation par des personnes peu scrupuleuses car, entre “coach” et “gourou”, il n’y a parfois qu’un pas à franchir… Lorsqu’une personne choisit un coach, il est donc primordial de prendre des précautions.”

De bons et de moins bons, comme partout

Et de fait, la “profession” n’étant pas reconnue en tant que telle, s’improvise ou s’autoproclame coach qui veut. Et sans doute est-ce là, la principale faille. Comment s’assurer les services d’une personne fiable, de confiance et de qualité ?

Comme partout, il doit y avoir de bons et de mauvais coachs, tout comme de bons et de moins psy ou diététiciens, par exemple. Question  : un bon coach en nutrition n’est-il pas finalement plus souhaitable qu’un mauvais nutritionniste ?