Nourritures ou objets, plusieurs entreprises se sont lancées dans le recyclage de ces résidus de bières.

En 2012, en Belgique, on produisait plus de 18 millions d'hectolitres de bière. Brassé à base d'eau, de malt et de houblon, chaque brassin laisse derrière lui une grosse quantité de résidus de céréales. Après les avoir filtrés plusieurs fois afin de charger l'eau d'arômes et de sucres, les céréales maintenant séchées (appelées drêches) sont inutiles à la suite de la procédure. À la campagne, elles servent bien souvent de nourriture aux vaches, mais en ville, elles n'ont d'autres choix que d'être jetées à la poubelle.

Mais ça, c'était avant qu'un tas de personnes lancent des idées pour récupérer les drêches de bière et les réutiliser. Certains en font des farines, pour cuisiner, d'autres en font des crackers ou des pâtes. À Bruxelles, on y fait même pousser des champignons japonais et en France, elles se transforment en tabourets. Petit tour d'horizon de ce que les drêches ont à donner de meilleur.

Des champignons

Depuis 2016, le Champignon de Bruxelles produit des champignons dans les mythiques caves de Cureghem, sous les halles des abattoirs d’Anderlecht. Après avoir testé de faire pousser des shiitakes sur du marc de café, ils ont préféré marier les saveurs japonaises au savoir-faire belge. C'est ainsi qu'aujourd'hui, ils cultivent dans cet énorme sous-sol jusqu’à 3 tonnes de champignons par mois.

© Didier Bauweraerts

Du pain

Depuis quelques années, il existe également un pain bruxellois cuisiné avec ces drêches : le BruxSels. Lancée par La Wetterenoise, dont les ateliers de boulangerie se situent à Forest. L'idée est de récolter les résidus de la brasserie Bussels Beer Project pour créer du pain. Dans le même temps, la brasserie brasse leur bière Babylone en remplaçant 20% du malt par des invendus de pain frais. Un exemple d'économie circulaire on ne peut plus au point et dans le respect du savoir-faire bruxellois.

Des biscuits

Chez nos voisins Lillois, Happy Drêche  trouve tous les moyens pour réutiliser ces résidus secs. Ils utilisent les pépites de malt sucrées pour le petit déjeuner ou comme base pour cuisiner des cookies ou bien ils les valorisent pour en faire des falafels.

Des ramens

Riches en fibres, en protéines et en minéraux, les drêches ont l'avantage d'être très nutritives. C'est pourquoi Ramen tes drêches a décidé d'en faire des pâtes, ou plutôt des Ramens comme son nom l'indique. Pour un plat asiatique revisité au délicieux goût toasté.

© Ramen tes drêches

Des crackers

Beerfood , c'est cette petite entreprise bruxelloise qui a décidé de créer des crackers salés  aux couleurs de la Belgique à craquer pour l'apéro. Aux oignons fumés, à la moutarde et au romarin ou encore à la betterave et au fenouil, ils sont composés en grande majorité de drêches de bières récupérées dans les microbrasseries urbaines.

© Beerfood

De la farine

Finalement, quitte à cuisiner les drêches dans des recettes sucrées ou salées, Maltivor a eu l'idée d'en faire des farines à la base desquelles tout est possible. Cette entreprise lyonnaise récupère et valorise les drêches de brasseries, les sèche, les passe au moulin et les transforme en farine riches en protéines, fibres et minéraux.

© Maltivor

Du mobilier

De manière beaucoup plus originale, Instead  a eu l'idée de créer du mobilier à partir des drêches et non de la nourriture. En offrant une sensation et une texture nouvelle, la drêche est le petit plus original qui agrémente les maisons. Pour le moment, l'entreprise a développé des sous-bocks et des tabourets, mais des expérimentations sont encore à prévoir.

© Instead