Une grande enquête menée par l'UCLouvain tend à chiffrer notre consommation d'alcool pour déterminer si elle est en hausse en Belgique. Tout le monde peut y participer.

Les habitudes sont totalement bousculées en ce moment. Boit-on plus pour autant, c'est ce que "l'air du temps" semble croire. Et pourtant aucun chiffre n'étaye cette idée. C'est pourquoi l'UCLouvain lance une enquête auprès de tous les Belges de plus de 18 ans

 Le professeur Maurage est chercheur à l'Institut des Sciences psychologiques de l'UCLouvain. Interpellé sur la question de l'augmentation de la consommation d'alcool et la possibilité de voir des Belges tomber dans l'alcoolisme, Pierre Maurage a bien entendu relié le confinement à la hausse de l'anxiété et de l'angoisse dans la population. Soucis économiques, isolement, ennui, tout cela peut mener à boire un verre, "la littérature scientifique le dit, l'a démontré, c'est vrai ".

Mais de là à tirer un principe général qui dit que la consommation alcoolique va augmenter avec la durée du confinement, il y a un pas qu'il ne fera pas. Le spécialiste, qui travaille aussi dans le laboratoire de psychologie expérimentale, n'a pas d'enquête scientifique sur laquelle s'appuyer. C'est pourquoi, pour répondre à une question de société, il a lancé une enquête auprès de la population pour mieux connaître les nouvelles habitudes de consommation des familles, des personnes isolées, des jeunes, des plus âgés, bref de la population la plus large possible. Pour pouvoir en tirer un enseignement étayé vers la mi ou la fin avril.

" Ma crainte, c'est que les médias, les experts, les personnes qui témoignent, vont tous dans le sens d'une augmentation de la consommation. Ce qui conforte ceux qui seraient tentés de boire plus que d'habitude, La force d'une pression sociale dans quelque sens qu'elle soit, libère l'individu qui se sent autorisé. En termes de prévention, ce n'est pas idéal ", explique Pierre Maurage.

Partager l'enquête pour qu'elle soit le plus représentative possible

En France, une étude a été menée il y a peu indiquant qu'il n'y a pas de ruée vers l'alcool et l'apéro durant le confinement et que les apéros-vidéos sont finalement marginaux. "A côté de ça, il y a tout une frange de la population qui buvaient principalement de manière sociale : dans les bars, en afterwork, entre étudiants lors des guindailles", remarque encore le professeur Maurage.

L'objectif de l'étude lancée ? Après avoir lié les évolutions de consommation d’alcool et autres substances à des variables de motivation à consommer (comme passer des moments agréables ou diminuer l’anxiété ou le stress) et de besoins (comme le besoin d’interactions sociales ou de sécurité) – les scientifiques UCLouvain pourront fournir une vue d’ensemble de la consommation de substances et de son impact sur l’équilibre de la santé mentale des répondants. "Plus il y aura de réponses, plus ce sera représentatif, n'hésitez pas à partager !"

L'enquête est anonyme et les résultats seront communiqués à la population pour de l'information générale. Les cliniciens seront aussi informés afin de prendre en compte et considérer l’évolution de la consommation d’alcool et autres substances.

Vous pouvez participer ici > enquête : https://uclouvain.be/addiction-confinement