La Turquie, pays d’excellence de la greffe ? Le Dr Devroye, l’un des grands spécialistes mondiaux de la greffe capillaire, alerte sur la réputation mensongère de certaines cliniques turques.

La Turquie est devenue en quelques années le pays du tourisme de l’implant capillaire. 100 000 Belges s’y rendent chaque année. “Il est vrai que le pays se vend comme la référence en matière d’expertise de la greffe de cheveux. C’est totalement faux. Et cela vaudrait la peine que les gens soient mis en garde” , alerte le docteur . " Les chirurgiens y sont la caution médicale de la clinique qui peut programmer 30 à 40 opérations sur la journée, 7 jours sur 7 ! Ce sont des assistants, parfois à peine formés, qui se chargent de l’extraction, des incisions, du placement" , témoigne le Dr Devroye.

Bien sûr, les patients en reviennent ravis, ils ont payé jusqu’à trois fois moins cher. Et s’il y a peu de complications médicales, “en termes de qualité, la plupart du temps, c’est navrant. La ligne des cheveux est très droite. Il n’y a pas une implantation réfléchie et surtout, on pille la zone donneuse pour greffer beaucoup de cheveux lors de la même opération : on va jusqu’à 5 000 greffes de follicules sur une zone” , alerte le spécialiste.

Résultat, le temps passant, l’alopécie gagne d’autres zones mais on ne peut plus greffer par après puisque la zone donneuse a déjà été dévastée la première fois, “J’ai vu des photos, c’est Attila . C’est ça que les gens doivent bien comprendre !”

Résultat : quelques années après, il se peut qu’il n’y ait plus une harmonie sur l’ensemble du crâne, qui sera comme “mité”. “Le problème, c’est le manque de technique : les cheveux sont implantés trop près les uns des autres et l’irresponsabilité : ils font ce que demande le patient sans avoir une vision à long terme.”

La profession essaye de se battre pour plus d’informations, pour que “les gens évitent de se fourvoyer en ne comprenant pas bien les tenants et les aboutissants des implants capillaires” .