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Les bébés sont mignons, affectueux, si petits qu'on a envie de les prendre dans les bras et les serrer très fort - mais pas trop quand même. Oui. Mais les bébés, ça pleure, ça demande beaucoup d'attention et surtout ça prend de la place, surtout quand les parents viennent avec la poussette. Et c'est précisément ce que reproche Mamo, le patron du restaurant Michelangelo à Antibes. 

Le restaurateur français a donc décidé d'interdire l'entrée de tout bambin dans un landau sein de son établissement. "Une poussette, c’est une place perdue. Lorsque le restaurant affiche complet, ce qui arrive presque tous les soirs en saison, c’est une perte sèche" affirme le propriétaire du restaurant au journal Nice Matin. Et l'interdiction d'accès est claire dès l'entrée du restaurant: "Interdit aux poussettes", est-il écrit à sur une pancarte. Le propriétaire nuance tout de même: "Attention, je n’ai rien contre les bébés. Mais leur place n’est pas ici (…) Il y a un souci de sécurité. En cas d’incendie, je suis responsable. Les gens qui viennent manger chez moi veulent du calme. Ceux qui ont des enfants payent une nounou pour les garder ; ce n’est pas pour supporter les gamins des autres!", déclare Mamo. 

Et chez nous?

En Belgique aussi, un tel comportement est possible. La loi autorise, en effet, un propriétaire de restaurant à refuser l'accès de son établissement à une famille avec enfants et poussettes. "On accepte ou on n'accepte pas", explique Yvan Roque, le président de la Fédération Horeca de Bruxelles. "Une chose est sûre, il faut respecter les autres. C'est sûr que quand on va au restaurant, on n'est pas là pour écouter un bébé pleurer".

Mais le problème est davantage l'éducation des parents eux-même selon lui. "Parfois, les parents ne sont pas eux-mêmes éduqués. C'est la responsabilité des parents qui doivent gérer cette situation. Un bébé peut déranger s'il pleure pendant deux heures", déclare Yvan Roque. 

"En tant que parent, vous choisissez un établissement pas trop petit où la poussette peut entrer. Certains restaurants ne se prêtent pas aux enfants et aux poussettes, mais il faut alors l'expliquer aux clients. S'il y a déjà des poussettes, il se pourrait que le patron ne puisse plus en accepter d'autres par manque de place", expose le président de la fédération bruxelloise, lui-même restaurateur. 

Une situation qu'il connait bien puisqu'Yvan Roque est lui-même restaurateur dans la capitale. "C'est en effet difficile pour un patron de voir que ça dérange les clients. (...) Ça fait partie de notre boulot et ce n'est pas toujours facile à gérer, mais tout le monde doit se sentir bien dans un restaurant. Ça m'est arrivé de dire de calmer l'enfant."

Quant à l'excuse du restaurateur français qui utilise la sécurité comme prétexte pour interdire l'entrée aux bébés est par ailleurs grotesque, selon Yvan Roque. "S'il y a un incendie, les parents vont prendre le bébé et partir. Peut-être que son établissement n'est pas aux normes."

Même son de cloche en Wallonie, cette interdiction est "stupide car les restaurants ont les infrastructures pour accueillir les enfants", estime Pierre Poriau, le secrétaire général de la fédération Horeca en Wallonie. "(...) Le restaurateur n'a pas intérêt à se priver de ce genre de clientèle, mais il met les conditions qu'il veut."