La phrase, lancée par Manuel Valls à l'antenne de BFM TV, ne semble viser que Bachar el-Assad et les trois parlementaires français qui ont profité d'un voyage à Damas pour rencontrer le président syrien : "Rencontrer un boucher, c'est une faute morale". C'est également le terme de "boucher" qu'utilise Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du parti socialiste, pour qualifier Bachar el-Assad.

Et pourtant, les premiers à avoir réagi à la saillie lancée par le Premier ministre sont... les bouchers de France. Une réponse sous forme de communiqué officiel, diffusé par la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie et des traiteurs. Une corporation qui n'apprécie visiblement pas que même le Petit Robert puisse, au sens figuré, définir le boucher comme "un homme cruel et sanguinaire".

Les bouchers de France, donc, sont furieux de cette sortie de Manuel Valls : "Encore une fois, le manque de respect d'un homme politique est confondant d'ignorance. Il y a tant de synonymes dans les dictionnaires que c'est au mieux une facilité, au pire une malveillance que de continuer à utiliser le mot boucher."

Et d'interpeller directement le Premier ministre : "Pouvez-vous cesser, pour désigner quelqu'un que vous tenez pour un criminel, d'employer ce mot sacré pour les 80.000 personnes qui exercent ce métier?"

Voilà une nouvelle polémique dont se serait bien passé un Manuel Valls qui a passé les deux derniers mois à crier sur tous les toits qu'il ne faut pas faire d'amalgame. Parce que, comme l'a directement dit l'ancienne députée UMP Christine Boutin : "Il y a des bouchers qui sont magnifiques."