Sain dans ses cheveux !

Et si on en revenait à des méthodes plus saines, aussi pour ses cheveux. En Belgique, Marianne Gray et le Salon Vert ont développé, dans leur salon de coiffure, un concept « propre ».

Sain dans ses cheveux !
©© Marianne Gray
Laure d’Oultremont

Marianne Gray défend une coiffure libérée, naturelle et à techniques ancestrales, en utilisant des produits végétaux comme des hennés sans sels métalliques ou des pigments. « Les teintures synthétiques entrent dans la gaine du cheveu grâce à un produit chimique. Celui-ci pénètre dans le bulbe, qui, à beaucoup d’endroits, se retrouve à un centimètre du cerveau ou de l’irrigation capillaire. Vous imaginez les effets secondaires que cela peut entraîner !

Démangeaisons, allergies, voire même crises d’épilepsie ou cancer… Les colorations synthétiques ont aussi des effets directs sur les cheveux : ils tombent, se cassent, sont plus difficiles à coiffer et n’ont plus leur souplesse naturelle. La couleur peut parfois virer par oxydation, simplement avec la lumière du jour… La couleur végétale, quant à elle, n’entre pas dans le cheveu, mais le regaine et l’épaissit. Elle apporte une vraie brillance, anti-âge. Les cheveux ressemblent alors à ceux des enfants. » Et puis, après un certain temps avec les teintures chimiques, une barre de couleur apparaît entre la racine et la repousse. Avec le végétal, les reflets s’estompent après plusieurs semaines, ce qui laisse le temps de refaire son soin.

Du synthétique au végétal, un cap ?

Passer de la coloration à la couleur végétale n’est pas pour autant un passage aussi évident qu’il y paraît. « C’est un vrai choix, un passage à l’acte, continue-t-elle. Mon rôle est particulier. Je souhaite apprendre à la cliente à aimer ce qu’elle est. Si on s’éloigne de sa nature, on s’enlaidit. Il y a une harmonie entre la peau et le cheveu à respecter, à retrouver. Je travaille donc surtout l’éclat et le reflet. C’est discret, subtil, un peu comme un maquillage léger, en patine et en transparence. On se rapproche de sa couleur. Et puis, la teinture naturelle ne fonctionne pas comme le badigeonnage synthétique où tout est uniforme. J’analyse la personne, essaye de retrouver sa nature : où sont ses blancs, ses déserts… » Avant tout, la première étape, c’est de redonner du corps aux cheveux, en le détoxinant. Pour nettoyer progressivement toutes les opérations d’oxydation qu’a subies le cheveu, on peut utiliser des argiles, par exemple. « C’est comme une homéopathie, il faut entre deux et six mois pour obtenir un résultat parfait. »

La teinture la plus propre

Pour celles qui ne sont pas encore prêtes à passer ce cap du végétal, le Salon Vert a développé un concept « propre » qui veut préserver santé et nature de ses clients. Ce salon de coiffure utilise les produits de coloration les plus sains qu’ils trouvent sur le marché : une coloration à base de végétaux avec un fond chimique minimum, indispensable pour ouvrir le cheveu. « Ce sont des teintures qui tiennent aussi bien que ce que vendent les grandes marques, explique Jean-Paul Goris, l’un des responsables du salon. La seule différence, c’est le taux de produits chimiques. Il s’élève à 6% au Salon Vert, contre 39% dans la plupart des marques. Et au niveau de la tenue, le résultat est semblable !

Sans compter que le cheveu est nettement moins sensibilisé et donc plus cassant. Personnellement, je trouve dans le végétal les couleurs plus ternes. » Depuis quelques années, la gamme de produits de soin du Salon Vert est vendue dans les salons de coiffure. « Un laboratoire développe pour nous, des shampoings, des baumes, des soins aux huiles essentielles, toute une gamme qui aura bientôt le label bio. » Après l’assiette, le bio envahit aussi le monde capillaire. Et ce n’est pas le corps qui s’en plaindra.


Marianne Gray, Au coin, rue de la Violette et de la rue des Chapeliers, 1000 Bruxelles, tél. 02 511 00 01, site www.mariannegray.com Le Salon Vert, à Bruxelles, Namur, Waterloo et Wavre : www.lesalonvert.be