Mais comment on fabrique les dessous?

Cachés derrière les murs d’un immeuble hausmannien, dans le quartier parisien de la mode, se trouvent les bureaux et ateliers de la marque de lingerie française Princesse Tam Tam. On est allé y faire un tour, histoire de rencontrer les faiseurs de petites culottes et STG.

Aurore Vaucelle, envoyée spéciale à Paris
Mais comment on fabrique les dessous?
©Johanna de Tessières

Cachés derrière les murs d’un immeuble hausmannien, dans le quartier parisien de la mode - celui où se hissent les enseignes des grands magasins -, se trouvent les bureaux et ateliers de la marque de lingerie française Princesse Tam Tam. On est allé y faire un tour, histoire de rencontrer les faiseurs de petites culottes et STG.

De la création à la matérialisation

Grand homme à la carrure impressionnante, Jean-Michel est responsable du bureau d’étude pour la marque de lingerie Princesse Tam Tam. Il adore son métier, et ne craint pas d’être entouré de femmes, ne se sent pas cerné du tout dans son atelier et est devenu, au fil des années, un spécialiste des pigeonnants, triangles et autres balconnets. Intarissable sur les qualités de son équipe féminine de corseterie et prototypage, il nous raconte le processus de fabrication. "On travaille en collaboration avec les stylites, suite à un croquis. Mais au début, c’est une idée, une idée que l’on doit parvenir à matérialiser ici. On réfléchit à la fabrication d’abord d’un produit confortable, puis à sa faisabilité à l’échelle industrielle."

Le STG, du prototype au marché

"Le produit doit répondre à l’idée stylistique, en fonction de la qualité des matières (souplesse, usure de la matière première, résistance à l’eau de mer…) et de ce qu’on peut en faire au niveau industriel. On commence par travailler sur des protos de morceaux de petite taille. - Vous voulez dire des mini-soutiens-gorge ? - Non, pas tout à fait… Sur échantillon, on travaille les complexités du modèle, les plissés, les frous-frous".

La corseterie nécessite une minutie dans les gestes. Des spécificités techniques qui font encore la différence sur le marché de la lingerie mondial. La corseterie française détient son petit savoir-faire qu’elle ne compte pas lâcher demain, gage de qualité sur le marché international des dessous.

La question du confort des filles, confié à un homme

Le responsable de l’atelier poursuit le cheminement produit : "On a reçu préalablement une fiche suiveuse et des patrons dessinés par les modélistes. Ici, les mécaniciennes travaillent à la mise au point des produits qui sont fabriqués au millimètre près, si un dessous n’est pas confortable, il est oublié au fond du tiroir à culottes". Pas mal de savoir que Jean-Michel, de Princesse Tam Tam, veille dans son atelier parisien à notre confort quotidien…

Quid de l’aspect éthique ?

Les entreprises de lingerie sont soumises à des normes qualitatives pour leurs matières premières - car la teinture du textile reste complexe et possiblement toxique.

Le saviez-vous ?

Pour les analystes du corps féminin et faiseurs de soutiens-gorge, il existait jusque-là deux catégories de seins, ceux en forme de pomme et ceux en forme de poire. L’évolution constante de la morphologie féminine a, semble-t-il, créé une nouvelle typologie : les seins en forme de papayes. On laisse à chacun le soin de se faire sa propre image de ces catégories fruitées.