Mode à Paris : Sex & Dior

Fashion Week, jour 4. Le D-Day, celui dévolu à la maison Dior. Et cela commençait tôt ce matin dans les coulisses, on y était. A la tête du paquebot Dior, le Belge Raf Simons lance un nouveau mot d’ordre, une mode ultrasexuée. La mode servirait-elle de nouveau à séduire ?

Récit : Aurore Vaucelle. Photo : Johanna de Tessières, Envoyées spéciales à Paris
Mode à Paris : Sex & Dior
©Johanna de Tessières

Fashion Week, jour 4. Le D-Day, celui dévolu à la maison Dior. Et cela commençait tôt ce matin dans les coulisses, on y était. A la tête du paquebot Dior, le Belge Raf Simons lance un nouveau mot d’ordre, une mode ultrasexuée. La mode servirait-elle de nouveau à séduire ?

Cour carrée du Louvre. Grand soleil, police française démultipliée à toutes les extrémités de la rue de Rivoli. Klaxons, limos, talons hauts à foison. Cela n’empêche pas les habitants du quartier de continuer à siroter leur café en terrasse. Et de mater. C’est Dior, c’est la Fashion Week, mais tout le monde n’a pas le fameux sésame pour entrer dans le cube en verre estampillé Dior. Ceux qui ont ledit carton d’invit’ s’empressent de le faire valider à l’entrée. Des dames pomponnées ouvrent leur minis sacs à main chicos aux policiers chargés du plan vigipirate, des fois qu’il y aurait de la nitroglycérine dans la pochette de soirée.

Une certaine animalité dans la mode

Depuis l’intérieur du cube posé au milieu du Louvre, c’est l’installation rituelle des invités qui jouent aux selfies avec leurs voisins… Mais voilà que le défilé commence au son d’une musique trépidante. Et c’est parti pour la démonstration des 56 silhouettes de la maison Dior, on en perd le souffle… Les filles que Raf Simons a habillées pour nous ont un mot d’ordre : balancer du sexy. Juchées à 1,80 mètre du sol, dans des cuissardes vernies zippées qui leur font des jambes interminables - et dont on ne voit pas la fin d’ailleurs perdues sous leurs minirobes -, elles avancent d’un pas martial au son des basses de la musique de fond. 

Mode à Paris : Sex & Dior
©Johanna de Tessières


Mode à Paris : Sex & Dior
©Johanna de Tessières


Les robes sont moulantes, ou ouvertes, ou frangées ou habillées de fentes, bref pas trop couvrantes. Et quand Raf Simons se met à recouvrir les corps de ses mannequins avec des combinaisons à grands motifs, c’est plus couvrant certes, mais tout aussi démonstratif. On ne rate rien du corps de la femme. Il a inventé un motif circulaire lancinant qui court sur les robes, sur les combis - on en perd son latin si l’on suit les circonvolutions sensuelles de ces motifs un peu hypnotiques. Raf Simons précise à ce sujet : "Je voulais un sentiment de surcharge émotionnelle, […] cette femme animale et sexuée vêtue d’un camouflage d’un genre nouveau."

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©Johanna de Tessières


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C’est donc une nouvelle version de son travail que le Belge nous montrait vendredi. Il poursuit ses variations autour des classiques de la maison Dior. Il y a encore des tailleurs, des longs manteaux mais la femme fleur inventée par Christian Dior à la fin des années 40 a changé de nature. Elle est devenue animale. D’abord, elle a ce regard perçant - appuyé par le maquillage imaginé par Peter Philips. Et puis, elle se déplace devant nous selon une démarche sinueuse. Elle est devenue reptilienne.

Mode à Paris : Sex & Dior
©Johanna de Tessières


La mode féminine, il faut le dire, avait oublié depuis quelques saisons d’être un attribut de séduction. Peut-être a-t-elle décidé de changer d’énergie et c’est tant mieux pour les femmes.