Fashion Week, le bilan : et donc l’hiver sera chaud…

Les défilés s’achevaient mercredi, à Paris. Bilan de ce qu’on a observé.

Aurore Vaucelle, Johanna de Tessières (Photos), à Paris
Fashion Week, le bilan : et donc l’hiver sera chaud…
©AFP

Les défilés s’achevaient mercredi, à Paris. Bilan de ce qu’on a observé.


Dernier jour de la “Fashion”, comme disent les initiés, et tout à coup, la flopée de professionnels de la mode se retrouvent au pied du jardin d’acclimatation. Non pas pour faire un tour de “la barque enchantée” (NdlR, l’attraction préférée des enfants au jardin d’acclimatation), mais bien pour le défilé de la maison de mode et de maroquinerie Louis Vuitton.

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©Johanna de Tessières

Mercredi, Fondation Vuitton, défilé de Ghesquière pour Louis Vuitton.


Enfin une mode qui veut séduire

Nicolas Ghesquière avait déjà donné le ton à la saison passée, il poursuit sa démarche d’une mode de la séduction. Toujours ces minijupes et ces petites boots pour jeunes filles dans le vent (d’ailleurs les filles ont les cheveux détachés). C’est globalement une tendance que l’on aura observée pour la saison automne-hiver 2015-2016. La mode a renoué avec le sexy. C’est quelque chose qu’elle avait oublié, on ne sait pas bien comment c’est possible mais c’est ainsi.



La tendance a été vue chez Dior où Raf Simons dessinait des robes pour mouler les corps ou les montrer par touches. Chez Rykiel, la directrice artistique Julie de Libran renoue aussi avec une élégance parisienne, qui met la féminité (et ses attributs) en valeur. Rochas et Dries van Noten nous avaient éclairé en début de parcours sur la manière dont on peut atteindre l’élégance. Quant à la styliste d’origine belge Véronique Leroy, on aime la manière dont elle traite le corps des femmes : elle habille les filles dans des robes de maille telles des caryatides. Bref, les filles auront la possibilité d’être élégantes et sexy l’hiver prochain – c’est une vraie bonne nouvelle.

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Dior par Raf Simons


Un marché pragmatique

Parmi les tendances observées, on notera aussi une plus grande adéquation avec le marché et sa versatilité. La création pure apparaît quelque peu en retrait. L’idée de la mode actuelle, c’est aussi de séduire non pas seulement la fashionista pendant sa revue des défilés mais aussi la potentielle acheteuse qui sera concernée dans six mois. Les réseaux sociaux qui diffusent ces jours-ci des tonnes d’images de mode mais d’une mode qui ne sera vendue que l’hiver prochain, ont poussé les maisons à réfléchir différemment leurs collections. Il faut satisfaire les habituées, et aussi, à la fois, taper dans l’œil des nouvelles intérressées, enfin être assez alléchant pour que les clientes potentielles patientent jusqu’à l’arrivée en boutiques de pièces fortes – joliment montrées et pour lesquelles ensuite on se prend à rêver.

A ce jeu-là, la designer Bouchra Jarrar est victorieuse. Sa collection smart, pratique, et à la fois qui te fait un clin d’œil, se démarque et fait piétiner les adeptes de la fringue. Dans le même genre, la maison Céline aura eu l’habileté de créer des sacs à main assez rutilants pour que les fans en rêvent la nuit durant le semestre à venir. Chez McQueen, on a vu des manteaux et des robes dont on se dit qu’on aimerait bien être Kate Middleton pour les porter dans six mois (NdlR, la duchesse de Cambridge porte souvent la marque anglaise qui a une allure folle).

La nouvelle D.A. (entendez ici Directrice artistique), de chez Hermès, Nadège Vanhee-Cybulski, aura aussi passé avec succès son examen d’entrée dans la maison aux pieds ailés. Elle a mis sous nos yeux des formes neuves, dont ces petits sacs de forme hexagonale : inventer du sac chez Hermès qui en plus tape dans l’œil, c’est un très bon début ! Chez Chanel, que l’on ait 20 ans ou le triple, on pouvait se sentir concerné – joli tour de force de la maison qui ouvre son vestiaire aux femmes de toute génération.

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Lundi, Hermès par Nadège Vanhee-Cybulski à la Garde Républicaine

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Chanel pour laquelle Karl Lagerfeld a mis en scène la brasserie Gabrielle


Jeunes fous, continuez !

On dirait que cibler un public niche n’est plus de saison… Il est vrai que la mode est toujours rattrapée par ses impératifs liés au marché. Pendant ce temps, des marques connues pour leur fraîcheur, leur folie joyeuse et disco, continuent sur leur lancée, assurées d’un suivi commercial, car il paraît que les gens en ont marre de porter le funeste noir.

Longue vie donc à Jean-Paul Lespagnard, et ses imprimés curieux – un mix entre la culture amish et l’Afrique ? Fallait oser. Il a osé. Merci J.P. –, à Manish Arora et ses tenues pour Chaperon rouge futuriste, et à Olympia Le-Tan pour ses toilettes de danseuses de ballets quelque peu illuminées. Je cite l’artiste elle-même : “des danseuses étoiles qui auraient mangé trop de champignons”. Bon.

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Manish Arora, une mode iconoclaste et enlevée.

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Jean-Paul Lespagnard, un mix entre la culture amish et l'Afrique ?