Mode et beauté

Victoria's Secret, la célèbre marque de lingerie, est sur la sellette. En cause : les propos de son directeur marketing Ed Razek sur les critères de sélection des mannequins pour son fameux défilé annuel. Une créatrice de lingerie, consternée par ces propos, riposte.

Dans un entretien pour le magazine Vogue, Ed Razek, directeur marketing de la marque de lingerie écarte la possibilité d'intégrer à leur défilé des mannequins aux profils variés, citant notamment les personnes transgenre ou grande taille, au motif que le "spectacle proposé par Victoria's Secret", qu'il s'agisse des défilés ou de leur émission télévisée “Victoria’s Secret Fashion Show” est un "fantasme". Il tacle au passage Rihanna qui, pour son défilé de présentation de sa collection Savage X Fenty avait joué la carte de la diversité.

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Ces propos ne sont pas passés inaperçus, allant jusqu'à provoquer la démission de la PDG de Victoria's Secret, Jan Singer. Le directeur marketing a par ailleurs présenté des excuses publiques, assurant que Victoria's Secret ne verrait aucune objection à recruter un mannequin transgenre.

"Il est temps d’arrêter de dire aux femmes ce qui les rend sexy - décidons-en"

Il y a deux jours, le New York Times publiait dans ses pages une lettre ouverte signée ThirdLove, marque de lingerie "pour toutes les femmes". Sa fondatrice Heidi Zak, fondatrice et PDG de cette marque, se dit "consternée" par les propos de Razek. "Vous vendez aux hommes et vendez un fantasme masculin aux femmes", explique-t-elle, votre spectacle est peut-être un fantasme mais nous vivons dans la réalité. Notre réalité est que les femmes portent des soutiens-gorge dans la vie réelle lorsqu'elles vont au travail, allaitent leurs enfants, font du sport, prennent soin de leurs parents malades et servent leur pays".


"Il est temps d’arrêter de dire aux femmes ce qui les rend sexy - décidons-en", écrit-elle aussi.

Elle revient ensuite sur les raisons qu'il l'ont poussée à fonder Thirdlove, qu'elle définit comme l'antithèse de Victoria's Secret : "J'ai fondé ThirdLove il y a cinq ans parce qu'il était temps de créer une meilleure option. Nous pensons que l'avenir créera une marque pour chaque femme, quels que soient sa forme, sa taille, son âge, son ethnie, son identité sexuelle ou son orientation sexuelle. Cela ne devrait pas être considéré comme révolutionnaire, cela devrait être la norme".

Les grosses cuissent sauvent des vies

Ce n'est pas la première fois que la marque de lingerie se fait allumer pour ses critères exclusifs de choix des mannequins. En 2017, la mannequin "plus-size" Ashley Graham se moquait gentiment de Victoria's Secret affichant, sur Instagram, une photo d'elle portant les ailes des "Anges", nom donné aux mannequins de Victoria's Secret, accompagnée du hashtag # thickthighssavelives (ndlr : les grosses cuisses sauvent des vies).


La marque de lingerie américaine a vu sa part de marché chuter ces derniers mois. En cause notamment, rapporte le New York Times, "cette image de top-modèle sexy stéréotypée qui achète de la lingerie uniquement pour impressionner les hommes. " Mais elle reste toujours la première marque de lingerie américaine.