L’acide hyaluronique répond à une demande anti-âge toujours grandissante mais pas seulement : les 18/34 ans y ont aussi recours sans tabou.

Le congrès mondial de l’IMCAS, la grand-messe de la médecine et chirurgie esthétiques à Paris, a confirmé la santé insolente du secteur ! Le marché mondial de l’esthétique médicale et chirurgicale devrait être "multiplié par trois en dix ans, passant de 5,7 à 14,8 milliards d’euros entre 2014 et 2023, avec un taux de croissance annuel composé de 8 % sur la période 2018-2023" .

Dans ce domaine, les produits injectables tirent encore plus leur épingle du jeu.

Botox et autres produits de comblement (les fillers) représentent le premier marché en valeur en 2019 avec 51,50 % et une croissance prévue de 9,2 % par an jusque 2023…

Il faut dire que cette technique non invasive séduit par sa facilité. "On peut quasi prendre rendez-vous sur l’heure de midi et retourner travailler" , estime Jeanne-Marie Laroche, VP Sales de Bioxis Pharmaceuticals, spécialisée dans les nouvelles générations d’acide hyaluronique. Et qui prépare pour 2022 un injectable révolutionnaire à la durée de vie de 3 à 4 ans... Les injectables ont aussi un coût accessible à tous : "à partir de 1 00 € l’aiguille". Cela dépend de la zone, du produit et du savoir-faire du médecin .

Et y avoir recours n’est plus si tabou… " L es injections de filler sont utilisées depuis des années en esthétique anti-vieillissement. Mais de plus en plus de millénials y ont recours pour du reconstructif, c’est-à-dire qu’on traite les volumes du visage, on adoucit les courbes d’un nez, on le rend plus symétrique. "

L’an passé, une enquête menée par Le Parisien en France avait étonné : les 18-34 ans font désormais plus de chirurgie esthétique que la tranche des 50-60 ans.

Les jeunes arrivent juste derrière les 35-50 ans. Une aubaine pour tout le secteur esthétique car lorsque l’on commence, on s’arrête rarement, refaisant au moins chaque année la petite injection qui nous aura magnifié et qui se sera résorbée petit à petit…

Les techniques évoluent en parallèle des recherches : " Là où les médecins à l’ancienne utilisaient une seringue entière pour une partie du visage, nous formons les médecins pour utiliser de façon optimale 4 à 5 ml d’acide hyaluronique. Le résultat est plus subtil."

En Belgique, des chiffres (2017, Test-Achats) indiquent que "près de 16 % des femmes et 8 % des hommes ont déjà fait appel aux traitements et à la chirurgie esthétiques pour changer leur apparence" , les injections de produits résorbables concernant 11 % des pratiques en la matière.

Avec chez les femmes un travail sur les pommettes et l’ovale alors que les hommes cherchent à masculiniser leurs traits en axant sur le menton et le nez.

Les millenials, entre acceptation de soi et obsession de la perfection

L’esthétique "soft" semble l’avenir des cabinets esthétiques. Et si les techniques anti-âge sont encore les plus nombreuses (comblement des rides, relèvement des pommettes, traitement laser, correction des paupières…) les professionnels proposent de plus en plus "d’harmoniser les visages plutôt que de les rajeunir". Désormais, " on n’a plus besoin de passer par la chirurgie pour corriger une bosse ou une asymétrie du nez ", explique encore Jeanne-Marie Laroche, de Bioxis Pharmaceuticals. Et comme on voit de plus en plus de tatouages, de piercings, on a de plus en plus recours aux injections d’acide hyaluronique pour construire son apparence, ressembler à son idole, se sentir plus beau.

Rien que du "normal" finalement pour les millenials qui ont grandi entre réseaux sociaux bourrés d’images parfaites et de filtres et influenceurs (Kardashian, Jenner…). Ce qui a introduit un rapport complexe à son corps et son visage, entre acceptation (les posts, nombreux, "body positive") et rejet de sa propre apparence (devant les photos d’influenceuses esthétiquement travaillées). En fait... Pas si facile d’être jeune et sans rides !