Mode et beauté Faite maison - si l’on ose se lancer - ou en salon - si l’on ne veut pas s’y risquer -, elle offre une alternative aux produits chimiques.Expérimentation Laurence Dardenne

DE L’ÉCORCE DE CANNELLE pour un léger effet éclaircissant et pour favoriser la pousse des cheveux; de la racine de garance pour une coloration rouge acajou à brun; de la feuille de henné naturel pour les tons roux et auburn mais aussi pour prolonger la tenue des autres colorants végétaux; des grains de café pour obtenir du brun foncé lorsque mélangé à d’autres plantes et pour un effet lustrant; ou encore de la fleur de camomille allemande pour un jaune doré mais aussi pour assouplir les cheveux. Différent du curcuma pour un jaune d’or ou orangé, avec d’autres plantes colorantes, ou du jaune poussin, utilisé seul !

Pour se lancer dans une coloration végétale maison, sans doute faut-il avoir, avant même les ingrédients, une bonne dose d’audace. C’est pourtant ce que vous proposent les auteurs de "J’embellis mes cheveux au naturel", Sylvie Hampikian, experte en pharmacotoxicologie, et Alexandra Perrogon, passionnée par les soins capillaires naturels (*).

Pour cela, il "suffit de" suivre les bons conseils d’Alexandra. Dont : bien mélanger les poudres avec un fouet avant d’ajouter l’eau. Pour certaines formules, on remplacera l’eau par une infusion ou une décoction de plantes à la même température; cela apporte encore plus de brillance et de reflets. Ou encore, pour réussir les colorations contenant 40 g ou plus d’indigo, on pensera à ajouter du sel fin de cuisine ou du bicarbonate de soude car l’indigo se fixe mieux en milieu alcalin.

Quant à maîtriser la couleur, "ne vous découragez surtout pas après votre premier essai, avertit Alexandra, c’est souvent à partir de la troisième application que l’on obtient la couleur souhaitée. Ensuite, les résultats sont stables et durables."

On y apprend encore qu’avant toute application de couleur végétale, il est conseillé de faire suivre le shampooing d’un masque à l’argile ou au rhassoul. Afin de reminéraliser le cheveu, le purifier, améliorer la prise de la couleur et apporter de la brillance.

Masque éclaircissant à base de rhassoul, de henné neutre, de camomille en poudre, de miel d’acacia, de thé vert et de jus de citron, mais aussi masque au yaourt, à l’argile, à l’avocat ou à la banane, émulsionné "mayo", ou alors vinaigre capillaire aux plantes, shampooing aux œufs, lotion de rinçage, anti-poux à l’huile de neem…, 80 soins, reflets et colorations sont détaillés dans cet étonnant ouvrage qui fourmille de conseils pratiques et d’idées originales à expérimenter.

(*) J’embellis mes cheveux, 80 soins, reflets et colorations naturelles, Sylvie Hampikian et Alexandra Perrogon, Éditions Terre vivante, 14 €.

>>> LES TRUCS D'ALEXANDRA

Dans "J’embellis mes cheveux" (Éd. Terre vivante), Alexandra Perrogon livre une multitude de trucs et astuces, que ce soit pour des soins, des reflets ou des colorations naturelles. Ainsi, pour atténuer les reflets orange-rouge et entretenir les couleurs châtain, brun et noir sans les foncer, elle conseille d’appliquer quelques jours après avoir fait la coloration, sur les longueurs et les racines si besoin, un mélange de 50 g de sidr (poudre de jujubier) et 50 g d’indigo (ou de katam ou de pastel) délayé dans 300 ml d’eau à 50°. Laisser poser 30 minutes. Mais attention, l’indigo a tendance à dessécher les cheveux (sans les abîmer). Il est conseillé de faire un bain d’huile 3-4 jours avant et après la couleur, puis des shampooings au sidr. À l’inverse, pour accentuer le côté cuivré des colorations à base de henné, on peut ajouter à la pâte une cuillerée à soupe de jus de citron ou de vinaigre de cidre. Et pour renforcer les couleurs foncées, il est possible de faire une autre application de la même couleur quelques jours plus tard.