Square Orban, cœur Bruxelles Business. Des bureaux et des bureaux autour de nous, autour du square et puis, qui tape dans l’œil par sa présence dans le décor bureaucratique, la boutique NA. Comprenez les Nouveaux Ateliers, une enseigne française encore dans ses années de jeunesse, car créée en 2011, mais qui s’est rapidement positionnée comme leader sur le marché du costume (avec une croissance de plus de 50  % par an), en mettant au centre la dimension du “sur-mesure”. Et le sur-mesure, pour un costume, c’est bien ce qui fait la différence entre un “Pas mal…” et un “My God !”, quand vous voyez un homme passer la porte d’un bureau (ou de l’église).

Costume à votre mesure

Personne ne se ressemble, et tout le monde doit faire des retouches sur un costume acheté dans le prêt-à-porter” énonce Charles-Alexandre Pertez, directeur commercial de NA. Et Dieu sait s’il y a des critères dans l’élaboration d’un costume. Un maître tailleur devra prendre pas moins d’une 1h30 pour saisir vos mesures manuellement. Chez NA, c’est une boîte à scanner dans laquelle vous entrez en petite tenue, et qui ne prend pas moins de 200 données en quelques instants. Vos mensurations rapportées au modèle que vous avez choisi avec patience (avec la patience du vendeur aussi) feront de la pièce achetée celle qui vous va.

Stratégique à cet égard, NA se positionne sur la gamme des prix offerts par le prêt-à-porter pour un costume, y apportant la précision de la mesure. Car, en fait, c’est presque une ineptie de faire du costume en prêt-à-porter tant il y a de données à prendre en considération. “En fait, le prêt-à-porter répond aux règles (corporelles, NdlR) du plus grand nombre. Dans le prêt-à-porter, le costume va aller un peu à tout le monde, ce qui veut dire qu’il ne va parfaitement à personne” […] “Au final, tout le monde fait des retouches. Revenir au sur-mesure était un geste logique, avec cet objectif de base : une démarche autour du prix, qui ne soit pas plus cher que l’offre existante en prêt-à-porter”, poursuit Charles-Alexandre Pertez, qui précise que le premier costume sur-mesure est vendu à 395 euros.

“Comme le scanner qui prend 200 mesures en moins d’une seconde a fait baisser le coût de main-d’œuvre, on s’est d’abord fait fermer la porte au nez par les confectionneurs de costumes, qui trouvaient qu’on cassait les prix – ce qui n’était pas la politique pour un produit sur mesure à la valeur ajoutée qui tient du luxe. Qu’à cela ne tienne, François et Nicolas, les deux fondateurs de la marque ouvrent leur propre usine de confection, en Chine, à côté de Shanghaï, avec leurs critères de qualité et les enjeux définis par la maison : un costume sur mesure fabriqué en six semaines (moitié moins, si vous êtes pressé), avec les détails dont vous rêviez, et les détails sont pléthore (voir ci-dessous ), et démultiplient les possibilités sans gonfler le prix.

Costume mode vs classique

La boutique NA du Square Orban ne voit pas les mêmes clients pousser la porte que celle située Rue Dansaert. “Ici, les gens qui viennent choisir un costume sont à la recherche d’une pièce d’usage, le vêtement de travail quotidien”, explique Edouard, conseiller tailleur qui connaît son métier sur le bout des doigts. “Le costume demeure un vêtement statutaire, qui dit la position et le rôle social “. Rue Dansaert, les hommes qui entrent dans la boutique auront peut-être l’idée de trouver un produit façonné pour eux, et en même temps, dans les codes “mode” du moment. Et puis, il y a aussi les futurs mariés, et tous ceux qui cherchent un costume pour sa dimension de vêtement cérémonial.

Pour ce qui nous concerne, Square Orban, on est venu avec notre grand cobaye, qu’on a mis dans la machine à scanner, et on a testé tous les éléments qui participent la confection d’un costume sur mesure dans les règles de l’art. Le maître de cérémonie est donc Edouard, qui délivre les secrets d’un travail bien fait, celui qui fait dire : “Wouah, joli garçon !”. Et non “Joli costume”.



CE QUI COMPTE ?

Ce qui fait le costume, indépendamment des détails qui le caractérisent, c’est la matière du tissu dans lequel il est taillé. Le modèle classique est traditionnellement dans une laine froide (comprenez à base de fil de laine ou de cachemire) et plus le fil est fin, plus le tissu est souple, mais aussi plus il est fragile. C’est la matière qu’on utilise dans le cas d’un costume de type business ou cérémonie.

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On laissera les lins et tweeds à des moments de la vie plus “casual”.

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Modèle Dormeuil, Costume NA à motifs caviar, 1195 €