Deux associations féministes expliquent pourquoi elles s’opposent au concours.

Régulièrement taxés de rétrogrades, anachroniques et dégradants pour l’image des femmes, les concours de beauté sont-ils en train de vivre leurs dernières années ?

Voici deux semaines, sur le plateau de l’émission On n’est pas couché , l’animateur de télévision Laurent Ruquier a appelé à boycotter le concours Miss France. S’il a annoncé après coup qu’il s’agissait d’humour et qu’il ne souhaitait pas réellement la disparition du concours, il n’en reste pas moins que l’existence de ce type de manifestation divise la société.

À un mois de l’élection de la prochaine Miss Belgique, La DH a recueilli des critiques formulées par deux associations féministes.

"Les concours de beauté contribuent à la sexualisation à outrance du corps des femmes. De plus, ils valorisent une forme de beauté très stéréotypée qui exclut de nombreuses femmes et est source de complexes pour celles qui ne correspondent pas à ces critères. Ça me fait penser à une course en hauts talons qui avait été organisée sur l’avenue Louise il y a plusieurs années. Les participantes devaient porter des talons de plus de dix centimètres et l’enjeu de la course, c’était des bons d’achat. Le concours était sponsorisé par des magasins de luxe. Avec les concours de Miss, on est dans le même genre d’événement : on utilise le corps des femmes pour faire la promotion de produits de beauté, de parfum et d’accessoires de mode. Le problème de ces concours, c’est qu’ils renforcent le sexisme et attisent la compétition entre les femmes. Il ne faut pas non plus négliger l’impact sur la santé des jeunes filles, avec les risques d’anorexie", estime Pierrette Pape, présidente d’Isala, une association féministe qui vient en aide aux prostituées.

"Les femmes ne sont pas des objets"

Reine Marcelis, présidente de Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes va un pas plus loin en comparant les concours de miss avec la prostitution. "Je suis tout à fait opposée à ces concours qui donnent une image caricaturale des femmes. Les femmes ne sont pas des objets. Ces concours ont des répercussions négatives à plusieurs niveaux : ils agissent sur l’imaginaire des petites filles et des petits garçons. Pour moi, il n’y a pas de grandes différences avec la prostitution. La seule chose qui change c’est que les vitrines sont remplacées par un écran de télévision."